26.10.2009
ANNONCE IMPORTANTE :D
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23.10.2009
Small Island (Hortense et Queenie) d'Andrea Levy
J'ai fini le roman en fin de semaine dernière. J'ai passé un très agréable moment de lecture (décidément, j'ai l'impression que depuis un certain temps je ne lis que des choses qui me plaisent ! ). Le titre en version original est, sans surprise, bien plus significatif et proche de l'esprit du roman que ce pâle Hortense et Queenie. Car ici, il s'agit peut-être avant tout pour l'auteur de rendre hommage à cette petite île ("Small Island"), la Jamaïque, minuscule territoire dans un empire britannique en train de rétrécir.
Dans ce récit, nous suivons les destins de personnes qui n'étaient sans doute pas faites pour se rencontrer mais que les évènements auront tôt fait de bouleverser.
Ce livre est un roman polyphonique, où les voix s'entremêlent et se croisent. Tout d'abord, nous faisons la connaissance d'une jeune londonienne du nom de Queenie Bligh dont le mari, Bernard, s'est enrôlé dans l'armée. Elle peine pour survivre et décide donc de sous-louer quelques chambres de sa maison à certaines personnes vues comme peu recommandables en ces temps de guerre et d'intolérance. Parmi eux, une homme de la RAF, un jamaïcain courageux et attachant du nom de Gilbert Joseph. Celui-ci fera ensuite venir sa jeune épouse, du nom d'Hortense, laquelle a toujours rêvé de venir en Angleterre.
Mais en arrivant dans sa mère patrie, Hortense est bien obligée de reconnaître qu'elle ne s'attendait pas à vivre dans une petite pièce salle, mal chauffée et étriquée. C'est le choc des illusions perdues, car le racisme ambiant prend le bas sur ses espoirs de jeune enseignante ambitieuse...
Gilbert et elle sont chaque jours confrontés au racisme ordinaire dans une Angleterre de l'après guerre qui a souffert mais qui n'est tout de même pas prête à se remettre en question.
Le roman est grave, il évoque sans aucune concession les difficultés d'intégration ainsi que l'absurdité de la guerre et des conflits internes et "raciaux". Mais en même temps - et c'est ce qui rend le roman aussi brillant à mes yeux - il est pétri d'humanité. Small Island est un roman indéniablement chaleureux, dans lequel on s'attache sans aucune difficulté aux héros (car ils le sont tous, indubitablement, dans leur force aussi bien que dans leurs faiblesses). Le récit est drôle et émouvant tout à la fois. Les personnages vivent de douloureuses expériences mais l'auteur parvient à insuffler dans son histoire de brefs moments d'espoir, de douceur et d'humanité.
Bref, pour moi, c'est une vraie réussite ! Je mettrai peut-être un tout petit bémol : j'ai été peut-être un chouia moins séduite par la partie relatée par Bernard, laquelle m'a semblée légèrement décousue du reste ... Mais c'est vraiment pour chipoter ^^
Je suis très impatiente de découvrir l'adaptation BBC maintenant !!! ![]()
Ruth Wilson ne ressemble pas vraiment à l'image physique que je me fais du personnage de Queenie mais je suis tout de même ravie qu'elle ait été choisie pour ce rôle. Je suis sûre qu'elle sera très bien ! L'adaptation devrait être diffusée d'ici la fin de l'année et sera d'une durée de 2 épisodes de 90 minutes ...

14:16 Publié dans Littérature britannique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
04.10.2009
Snobs de Julian Fellowes
Snobs est le premier roman de Julian Fellowes qui a reçu en 2002 l'Oscar du meilleur scénario pour le film Gosford Park. Le narrateur est un comédien de second plan qui navigue avec beaucoup d'aisance dans les classes privilégiées tout en dénonçant leurs travers. Il va suivre les aventures de son amie, Edith Lavery, la jolie fille d'un expert comptable ayant relativement bien réussi, et de sa femme, éblouie par la haute société. Lors d'une visite au château Broughton Hall, Edith, standardiste dans une agence immobilière de Chelsea, fait connaissance du fils de la maison, Charles, comte Broughton et héritier du marquis de Uckfield. Célibataire, Charles gère les propriétés de sa famille dans le Sussex et le Norfolk. D'après les chroniqueurs mondains, c'est un des célibataires les plus enviables, et enviés, de l'aristocratie anglaise. Quand il la demande en mariage, Edith accepte, mais est-elle vraiment amoureuse de lui ? N'est ce pas plutôt de son titre, de son rang et de tout ce qui va avec ?
Ce roman s'apparente à la satire sociale. Il est drôle, caustique et même touchant par moments.
Le narrateur, qui est donc un acteur de second plan et accessoirement, un homme tout à fait banal quoique très observateur et lucide, dénonce ici les travers de l'aristocratie anglaise qu'il fréquente de manière plus moins assidue. Mais c'est peut-être avant tout l'arrivisme qu'il épingle plus férocement encore. Son héroïne, Edith est ridiculisée et discréditée sous la plume ironique et doucereuse de l'auteur. Julian Fellowes montre une fois de plus qu'il est passé maître dans l'art de mettre en scène les comédies de moeurs et de brosser des portraits d'une grande finesse psychologique. On se surprend à plaindre Charles, l'héritier d'une des plus riches familles britanniques, ennuyeux à mourir mais dont le coeur a été cruellement brisé. La galerie de personnages (des gentlemen-farmers en tweed, aux demoiselles éprises de reconnaissance sociale, en passant par les acteurs les plus vaniteux du show biz) est sans doute ce que je retiendrais le plus de cette chronique délicieusement british. Le style quant à lui, est purement irréprochable. Très alerte, Julian Fellowes se présente comme un excellent conteur !
On pense à Nancy Mitford, à Evelyn Waugh et on en redemande !
Ce n'est peut-être pas le meilleur roman "social" que j'ai lu, encore moins le plus original mais il se lit avec un grand plaisir.
L'auteur et comédien Stephen Fry est enthousiaste lui aussi :
« Dévorer ce roman, qui reflète toutes les nuances aussi exaspérantes que terriblement séduisantes de la société anglaise, est un régal délicieusement coupable. Un pur enchantement. »
20:34 Publié dans Littérature britannique | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
01.10.2009
Bilan littéraire du mois
Le mois de septembre vient de s'achever et a été pour moi riche en nouvelles découvertes littéraires. Il faut dire que je me suis décidée à rentabiliser mon temps de transport au maximum et que pour l'instant, j'y parviens plutôt bien :D
Alors, j'ai aimé le mois dernier :
- Un essai sur la littérature de jeunesse de langue anglaise : Ne le dites pas aux Grands d'Alison Lurie (dont j'ai parlé ici et dont je ne cesse de faire l'éloge).
- La saga de Michael Honaker intitulée Terre Noire. Peut-être mon gros coup de coeur du mois. J'ai avalé les 3 tomes en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire. Je lis très rarement, pour ne pas dire jamais, de romans d'aventures mais là j'ai été absolument conquise ! J'en reparlerai très très prochainement !
- The Borrowers de Mary Norton, auquel je viens tout juste de consacrer un billet.
- Une bande-dessinée : Le Goût du chlore. Il s'agit d'une tranche de vie d'un adolescent atteint d'une scoliose qui tombe amoureux d'une jeune fille à la piscine. L'intrigue est mince, presque éphémère mais le thème du premier émoi amoureux très bien dépeint. De plus, l'artiste a très bien su créer une atmosphère et planter un décor.
- Un roman sentimental (mon premier !) : The Secret Pearl de Mary Balogh. Bien écrit et plutôt sulfureux, il se dévore plus qu'il ne se lit !
Et sinon, comme vous pouvez le voir, mon blog a refait une fois de plus peau neuve. Merci à Fearless pour ces précieux conseil et ses "tutorials". Je n'y serai pas arrivée sans son aide^^ Il me reste encore quelques petites choses à fignoler (des catégories à ajouter, des petites modifications de ci de là à effectuer), mais je le ferai en temps et en heure. Les images que j'ai utilisées pour faire la ban viennent du film anglais Cashback pour lequel j'avais eu un vrai coup de coeur. Je pense que ce sera un layout provisoire, j'ai une autre idée en tête mais elle demandera sans doute un peu plus de temps ...
21:52 Publié dans Bribes littéraires | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
Les Chapardeurs (The Borrowers) de Mary Norton
Voici un billet consacré à l'une des oeuvres de la littérature jeunesse anglaise les plus importantes du XXème siècle, The Borrowers de Mary Norton.

C'est un roman que j'ai découvert trèèèès tardivement (c'est à dire la semaine dernière
) mais que j'ai beaucoup aimé 
Voilà plus de quarante-cinq ans que Mary Norton a donné naissance aux Borrowers (emprunteurs) et inventé les premières aventures de ces petits êtres aussi ingénieux que sympathiques. Ils n'ont plus cessé depuis de fasciner et faire rêver les générations d'enfants qui les ont découverts.
Mary Norton se souvient avoir imaginé les Borrowers alors qu'elle était enfant et jouait avec de minuscules poupées chinoises.
Les Chapardeurs / Emprunteurs vivent dans les petits endroits secrets des vieilles maisons, derrière la cheminée, sous l'horloge de la cuisine, sous le plancher etc. Ils ne possèdent rien mais empruntent tout et pensent que les êtres humains ont été créés juste pour faire le sale boulot.
Le père d'Arrietty (laquelle est donc notre petite héroïne), Pod, était un emprunteur expert ! Il savait monter le long des rideaux à l'aide d'épingles et rapporter la tasse d'une poupée sans la casser. Les filles n'étaient pas supposées partir emprunter mais comme Arriety était une enfant unique, son père décida d'enfreindre la règle. Mais quelque chose arriva qui changea à tout jamais leur existence. Elle se lia d'amitié avec un petit garçon habitant la maison ...
Tout ceci est raconté par une vieille dame à une petite fille très curieuse ![]()
Je crois pouvoir dire que c'est l'un des plus jolis romans jeunesse que j'ai pu lire de ma vie
Il est touchant, cocasse, très drôle (certains dialogues sont franchement tordants) . L'intrigue est menée tambour battant et les rebondissements sont aussi inventis que les petites créatures qui peuplent l'histoire. Mention spéciale à la toute fin du livre qui vaut vraiment son pesant d'or 
Je n'ai pas vu l'adaptation. Je me demande si elle fait honneur à ce petit bijou ...
17:19 Publié dans Littérature jeunesse | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note
14.09.2009
The Secret Pearl de Mary Balogh
Je viens de terminer un roman sentimentale qui m'a été prêtée par une amie qui se reconnaîtra :)

Je n'aurais pas pu rêver meilleure entrée en matière car j'ai beaucoup aimé
Je n'avais jusqu'ici jamais lu de littérature sentimentale (chick-lit mise à part), même pas plus jeune
Parlons du style tout d'abord. Je l'ai trouvé très bon. Il est élégant, ciselé et incroyablement fluide sans pour autant tomber dans la facilité.
L'histoire est beaucoup plus sombre et inquiétante que je ne le pensais et surtout, que ne le laisse présager la couverture rose bonbon.
Je vous mets le synopsis pour que vous puissiez le voir par vous mêmes :
Hiring a young prostitute named Fleur, only to discover that she is an impoverished and desperate gentlewoman fleeing a horrific situation, Adam, Duke of Raybourne, secretly hires her as a governess to his daughter, only to find himself falling for his beautiful charge.
L'intrigue commence dans une ruelle sombre de Londres où un duc s'apprête à commettre l'adultère avec une jeune prostituée. La scène d'ouverture est aussi dérangeante que dramatique. D'ailleurs, le roman dans l'ensemble est plutôt triste. Les deux héros sont des écorchés vifs. Fleur, notre héroïne, est tombée dans la déchéance et la prostitution après s'être enfuie de chez elle et avoir tenté d'échapper à un cousin obsédé par elle (une vraie figure de roman gothique, si vous voulez mon avis !
). Elle apprendra peu à peu à reconstruire sa vie même si son passé la hante encore ...
Le héros, le duc de Raybourne (de son prénom Adam) est un héros comme je les aime : sombre, torturé, ardent.
Tour à tour inquiétant, fascinant et attendrissant, c'est un personnage difficile à oublier.
On retiendra quelques références (volontaires ou non je ne sais pas trop) à notre chère littérature du 19ème siècle, un tableau nuancé et sans concessions des moeurs de l'aristocratie de l'époque et bien entendu, une histoire d'amour passionnée et palpitante très bien amenée.
En bref, je dirais que j'ai passé un excellent moment de lecture !
Je pense ne pas en avoir fini avec cet auteur !
16:01 Publié dans Littérature américaine | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
07.09.2009
Ne le dites pas aux grands d'Alison Lurie

Je viens de terminer un essai d'Alison Lurie : Ne le dites pas aux grands. Il est entièrement consacré à la littérature jeunesse anglo-saxonne (aussi bien anglaise qu'américaine) et autant le dire tout de suite : il est brillant ! Je le conseille à tous ceux et celles qui comme moi affectionnent tout particulièrement la littérature jeunesse, et s'intéressent à ses inspirations, son Histoire, son évolution, son cadre socio-culturel etc.
Elle y aborde de nombreux aspects de la littérature pour enfants : le conte , le folklore, le merveilleux, le récit d'horreur et une foule d'autres encore. Les auteurs mis en vedette sont E. Nesbit, JM Barrie, FH Hodgson, Beatrix Potter, JR Tolkien etc.
J'ai tout particulièrement apprécié la partie qui traite de l'influence des contes sur le roman contemporain. Selon Alison Lurie, des auteurs de grand renom comme FS Fitzgerald, Jane Austen, Charlotte Brontë ou encore George Elliot ont puisé leur inspiration chez les contes populaires.
Alison Lurie défend aussi une thèse pour le moins passionnante : selon elle, la littérature jeunesse digne d'intérêt et qui a su marquer des générations et des générations d'enfants est subversive et se démarque volontiers des codes moraux et sociaux de son époque.
Ne le dites pas aux grands est un essai très bien écrit et construit et fort instructif. Il nous donne une vision d'ensemble de la littérature jeunesse anglo-saxonne aussi riche que palpitante.
Comme il date de 1989, il ne traite pas de l'essor que ce type de littérature a connu ces dernières années. C'est bien dommage mais c'est un reproche que je ne pourrai m'autoriser à faire à l'auteur ^^
17:21 Publié dans Littérature britannique | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note
06.09.2009
Le Maire de Casterbridge de Thomas Hardy
En ce moment, je lis plus que de coutume. Il faut dire aussi que je passe nettement plus de temps dans les transports. Et comme j'aime rentabiliser mon temps au maximum, je dévore à vitesse grand V en ce moment tout ce qui me passe sous la main : romans, recueil de nouvelles, essais et même bandes dessinées ! Il va donc sans dire que j'ai de quoi alimenter mon blog pour les semaines (voire même les mois) à venir !
L'inconvénient quand on lit beaucoup, c'est que la qualité n'est pas toujours au rendez-vous. Jusqu'ici, j'ai plutôt été chanceuse, j'ai eu quelques coups de coeur dont le plus marquant sera sans doute, en cette rentrée, Le Maire de Casterbridge, l'éblouissant roman de Thomas Hardy.
Publié en 1886, Le Maire de Casterbridge s ouvre sur une des scènes les plus dures de l oeuvre de Thomas Hardy : au cours d une beuverie, un jeune ouvrier agricole décide de vendre femme et enfant aux enchères à ses compagnons de hasard. Vingt ans plus tard, le même personnage est devenu l un des notables de Casterbridge, nom romanesque de Dorchester, où s enracine la vie de Thomas Hardy. La rencontre d un jeune homme va précipiter le destin de celui que l auteur, sans jamais le juger, décrit comme impulsif, colérique, dominateur, mais aussi capable de droiture et de fidélité, victime d impulsions irraisonnées qui amèneront sa complète déchéance.
J'ai terminé ce roman hier dans les transports, presque la larme à l'oeil. J'ai lu pas mal de livres qui m'ont enthousiasmée ces derniers mois, mais certainement pas au point de m'enchanter comme celui-ci.
J'ai essayé de le lire lentement pour en savourer la moindre page mais c'est plus facile à dire qu'à faire ! L'histoire est dramatique, certes, mais jamais opressante. Je crois que le style de Thomas Hardy y est pour beaucoup. Il est tellement fluide et magnifique...
L'auteur parvient à décrire les moindres recoins de la conscience de ses personnages avec un talent assez incomparable. Le maire de Casterbridge, Michael Henchard est un personnage inoubliable. Il est d'une incroyable complexité. C'est un impulsif qui agit sur l'instinct mais dont les accès de haine farouche ne dépassent jamais les élans du coeur. Il m'a beaucoup émue. Malgré tout le mal qu'il a commis, on ne peut que ressentir de la pitié pour lui. Son caractère parfois excécrable cache en fait un besoin d'aimer et de se faire aimer presque dévastateur. Ce personnage est le coeur du roman, celui par qui tout arrive.
Très romanesque, Le Maire de Casterbridge emporte et émeut son lecteur avec une facilité déconcertante. L'intrigue est formidablement bien maîtrisée et la description des sentiments, troubles, peurs, rancoeurs des personnages merveilleuse. Le roman est d'un lyrisme sobre, comme toujours chez Hardy.
J'ai adoré ce roman, autant que Tess of the D'Urbervilles, c'est dire !
J'ai commencé à regarder l'adaptation (avec Ciaran Hinds, James Purefoy, Polly Walker et Jodhi May. Je n'en ai pas vu assez pour donner mon avis mais je sais déjà que je suis totalement séduite par la musique. Et elle me semble très fidèle pour l'instant !
18:11 Publié dans Littérature britannique | Lien permanent | Commentaires (9) | Envoyer cette note


























