ATTENTION: CHEF D'OEUVRE ...
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Quand la Mort vous raconte une histoire, vous avez tout intérêt à l'écouter.
Une histoire étrange et émouvante où il est question
- dune fillette ;
- de mots ;
- d'un accordéoniste ;
- d'Allemands fanatiques ;
- d'un boxeur juif ;
- de vols.
Traduit en 20 langues, le best-seller 2007.
Il est rare que je poste mon avis juste après avoir achevé la lecture d'un roman, surtout lorsqu'il est minuit passé. Je dirais même que c'est EXCEPTIONNEL. Mais ce livre est lui-même exceptionnel, alors je lui devais bien ça^^
C'est un roman incomparable, je n'ai rien lu de tel jusqu'à aujourd'hui. Il est puissant, virevoltant, touchant à en tomber par terre, écrit de manière virtuose et différente, drôle parfois aussi, mais toujours terriblement sublime. La mort est la narratrice du récit mais ne vous fiez pas au côté soit disant "sensationnaliste" de ce choix de l'auteur. Ici, la forme sert toujours le fond. Je n'irai pas jusqu'à faire un résumé de cette oeuvre, car il serait forcément réducteur. Je serais tout simplement incapable de lui rendre hommage en relatant son histoire à proprement parler. Disons juste qu'il s'agit de suivre une fillette allemande du nom de Liesel, fraîchement adoptée et arrivée dans une petite ville misérable près de Munich, de découvrir ce qui fait d'elle une voleuse de livres, de partager son goût et sa faim des mots, de vivre à ses côtés pendant quelques années... De faire la connaissance des personnes qui compteront dans sa vie : son adorable "Papa" accordéonniste à la générosité et au courage impensables, à sa "maman" jamais avare de gros mots et de tendresse, de son meilleur ami -un peu aussi amoureux d'elle - Rudy, l'incorrigible gamin à qui on s'attache irrémédiablement ; Max, son Ami juif, qui trouvera refuge dans les mots et les idées grâce à elle et qui lui rendra hommage en écrivant son histoire ; l'épouse du maire de la ville, femme effacée et meurtrie par le deuil, fournisseuse plus ou moins officielle de ses lectures... Tout comme ses personnes hanteront la Mort (elle l'avouera par la suite), ces personnages hanteront votre vie de lecteur.
Hitler plâne sur le roman telle une entité, et ce, du début à la fin. Il est intéressant de découvrir l'autre côté du miroir, où la décadence et la souffrance sont aussi de mise... Ces allemands se verront pour la plupart enrolés de force dans le nazisme, d'un point de vue concret, mais aussi d'un point de vue idéologique.
Markus Zusak traite de l'Histoire de manière à conférer à son oeuvre une dimension d'intemporalité. C'est selon moi l'apanage des chefs d'oeuvre. Le roman est construit de manière absolument brillante. Sa structure diffère de tout ce que j'ai pû lire jusqu'à maintenant. L'auteur fait preuve d'une extraordinaire maîtrise, il est avant tout un formidable conteur.
La Mort en tant que narratrice, a une puissance évocatrice incroyable. Sa vision des choses est différente de la nôtre, elle n'est pas inscrite dans le temps ni dans l'espace, elle n'est jamais limitée.
Elle ne ressent jamais rien d'humain à proprement parler. Elle est complètement dénuée de haine, "vole les âmes avec douceur", et fait parfois preuve de compassion. Mais là encore, une compassion peu comparable avec la nôtre.
Ce roman est un joyau, qui laisse son empreinte et vous accompagne encore et encore, même la lecture achevée.
J'aurais voulu être capable de rendre hommage à chacune des plus petites parcelles de ce livre, restituer la magnificence de ses personnages, chacune de leur facette, chacun de leurs actes, de leurs élans désespérés, rendre intact le pouvoir des mots de l'auteur et ceux écrits par Leisel... Mais il faut se rendre à l'évidence, c'est impossible. Je dirais juste que ce roman tient du coup de maître, voir du coup de génie. Une oeuvre à la puissance incantatoire mais jamais écrasante, un récit où le lecteur ne peut que se sentir proche des êtres et de leur situation... UN CHEF D'OEUVRE!
A noter que l'auteur n'a QUE 30 ans...
....En bref, je vous recommande fortement la lecture de ce roman! :D J'attends vos commentaires de lecture avec impatience!!
un extrait, un joyau parmi tant d'autres:
Tout le monde, je suppose, connaît des épisodes marquants dans sa vie, surtout dans l'enfance. Pour certains, ce sera l'incident Jesse Owens. Pour d'autres, une histoire de lit mouillé.
Le mois de mai 1939 tirait à sa fin et la soirée se déroulait comme la plupart des autres. Maman repassait avec sa poigne de fer. Papa était sorti. Liesel nettoyait la porte d'entrée et regardait le ciel au-dessus de la rue Himmel.
Un peu plus tôt, il y avait eu un défilé.
Les membres extrémistes du NSDAP (connu également sous le nom de parti nazi), en chemise brune, avaient parcouru au pas la rue de Munich en portant leurs drapeaux fièrement, la tête haute et comme plantée au bout d'une pique. Ils chantaient à pleine voix, le clou étant une interprétation rugissante de «Deutschland über Alles», «L'Allemagne par-dessus tout».
Comme toujours, ils furent applaudis.
Cela les stimulait. Ils poursuivirent leur route vers on ne savait où.
Les gens les regardaient passer, les uns en saluant bras tendu, les autres en applaudissant à s'arracher la peau des mains. Certains, comme Frau Diller, avaient leur tête des grands rassemblements, grimaçante de fierté, et puis, ici et là, il y avait les gens à part comme Alex Steiner, qui claquait des mains lentement, consciencieusement, comme taillé dans une souche. Soumission.
Liesel était sur le trottoir avec Papa et Rudy. Le visage de Hans Hubermann ressemblait à une fenêtre aux volets clos.
QUELQUES CHIFFRES
En 1933, 90 % des Allemands affichaient un soutien sans faille à Adolf Hitler.
Ce qui veut dire que 10 % ne le soutenaient pas.
Hans Hubermann en faisait partie.
Il y avait une raison à cela.
06.10.2008
La Voleuse de livres - Markus Zusak
21:22 Publié dans Littérature (autres) | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note


























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