23.10.2009
Small Island (Hortense et Queenie) d'Andrea Levy
J'ai fini le roman en fin de semaine dernière. J'ai passé un très agréable moment de lecture (décidément, j'ai l'impression que depuis un certain temps je ne lis que des choses qui me plaisent ! ). Le titre en version original est, sans surprise, bien plus significatif et proche de l'esprit du roman que ce pâle Hortense et Queenie. Car ici, il s'agit peut-être avant tout pour l'auteur de rendre hommage à cette petite île ("Small Island"), la Jamaïque, minuscule territoire dans un empire britannique en train de rétrécir.
Dans ce récit, nous suivons les destins de personnes qui n'étaient sans doute pas faites pour se rencontrer mais que les évènements auront tôt fait de bouleverser.
Ce livre est un roman polyphonique, où les voix s'entremêlent et se croisent. Tout d'abord, nous faisons la connaissance d'une jeune londonienne du nom de Queenie Bligh dont le mari, Bernard, s'est enrôlé dans l'armée. Elle peine pour survivre et décide donc de sous-louer quelques chambres de sa maison à certaines personnes vues comme peu recommandables en ces temps de guerre et d'intolérance. Parmi eux, une homme de la RAF, un jamaïcain courageux et attachant du nom de Gilbert Joseph. Celui-ci fera ensuite venir sa jeune épouse, du nom d'Hortense, laquelle a toujours rêvé de venir en Angleterre.
Mais en arrivant dans sa mère patrie, Hortense est bien obligée de reconnaître qu'elle ne s'attendait pas à vivre dans une petite pièce salle, mal chauffée et étriquée. C'est le choc des illusions perdues, car le racisme ambiant prend le bas sur ses espoirs de jeune enseignante ambitieuse...
Gilbert et elle sont chaque jours confrontés au racisme ordinaire dans une Angleterre de l'après guerre qui a souffert mais qui n'est tout de même pas prête à se remettre en question.
Le roman est grave, il évoque sans aucune concession les difficultés d'intégration ainsi que l'absurdité de la guerre et des conflits internes et "raciaux". Mais en même temps - et c'est ce qui rend le roman aussi brillant à mes yeux - il est pétri d'humanité. Small Island est un roman indéniablement chaleureux, dans lequel on s'attache sans aucune difficulté aux héros (car ils le sont tous, indubitablement, dans leur force aussi bien que dans leurs faiblesses). Le récit est drôle et émouvant tout à la fois. Les personnages vivent de douloureuses expériences mais l'auteur parvient à insuffler dans son histoire de brefs moments d'espoir, de douceur et d'humanité.
Bref, pour moi, c'est une vraie réussite ! Je mettrai peut-être un tout petit bémol : j'ai été peut-être un chouia moins séduite par la partie relatée par Bernard, laquelle m'a semblée légèrement décousue du reste ... Mais c'est vraiment pour chipoter ^^
Je suis très impatiente de découvrir l'adaptation BBC maintenant !!! ![]()
Ruth Wilson ne ressemble pas vraiment à l'image physique que je me fais du personnage de Queenie mais je suis tout de même ravie qu'elle ait été choisie pour ce rôle. Je suis sûre qu'elle sera très bien ! L'adaptation devrait être diffusée d'ici la fin de l'année et sera d'une durée de 2 épisodes de 90 minutes ...

14:16 Publié dans Littérature britannique | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note


























Commentaires
J'avais beaucoup aimé ce roman aussi, et trouve qu'il n'a pas eu le succès qu'il méritait à sa sortie en france... Je n'étais pas au courant en revanche pour l'adaptation tv, j'espère que j'aurais l'occasion de la voir.
Ecrit par : Solenn | 23.10.2009
Je ne connaissais pas du tout ! Je le note, j'aime bien ce genre d'histoires ! Et le film peut me plaire également !
Ecrit par : Neph | 23.10.2009
Comme d'hab, si tu aimes, je fonce!! J'aime beaucoup le titre original...
Ecrit par : Galy | 25.10.2009
Ecrire un commentaire