14.09.2009

The Secret Pearl de Mary Balogh

Je viens de terminer un roman sentimentale qui m'a été prêtée par une amie qui se reconnaîtra :)


Je n'aurais pas pu rêver meilleure entrée en matière car j'ai beaucoup aimé
Je n'avais jusqu'ici jamais lu de littérature sentimentale (chick-lit mise à part), même pas plus jeune Je n'avais pas de préjugés mais je ne savais pas quel auteur lire exactement. Finalement, je crois que j'ai bien fait de commencer par Mary Balogh.
Parlons du style tout d'abord. Je l'ai trouvé très bon. Il est élégant, ciselé et incroyablement fluide sans pour autant tomber dans la facilité.
L'histoire est beaucoup plus sombre et inquiétante que je ne le pensais et surtout, que ne le laisse présager la couverture rose bonbon.

Je vous mets le synopsis pour que vous puissiez le voir par vous mêmes :

Hiring a young prostitute named Fleur, only to discover that she is an impoverished and desperate gentlewoman fleeing a horrific situation, Adam, Duke of Raybourne, secretly hires her as a governess to his daughter, only to find himself falling for his beautiful charge.

L'intrigue commence dans une ruelle sombre de Londres où un duc s'apprête à commettre l'adultère avec une jeune prostituée. La scène d'ouverture est aussi dérangeante que dramatique. D'ailleurs, le roman dans l'ensemble est plutôt triste. Les deux héros sont des écorchés vifs. Fleur, notre héroïne, est tombée dans la déchéance et la prostitution après s'être enfuie de chez elle et avoir tenté d'échapper à un cousin obsédé par elle (une vraie figure de roman gothique, si vous voulez mon avis ! ). Elle apprendra peu à peu à reconstruire sa vie même si son passé la hante encore ...
Le héros, le duc de Raybourne (de son prénom Adam) est un héros comme je les aime : sombre, torturé, ardent. Tour à tour inquiétant, fascinant et attendrissant, c'est un personnage difficile à oublier.
On retiendra quelques références (volontaires ou non je ne sais pas trop) à notre chère littérature du 19ème siècle, un tableau nuancé et sans concessions des moeurs de l'aristocratie de l'époque et bien entendu, une histoire d'amour passionnée et palpitante très bien amenée.

En bref, je dirais que j'ai passé un excellent moment de lecture ! Je pense ne pas en avoir fini avec cet auteur !

06.10.2008

Ce que savait Maisie de Henry James


Au divorce de ses parents, Maisie est l'objet d'un jugement de Salomon, " coupée par moitié, et les tronçons jetés impartialement aux deux adversaires ". Enjeu et instrument de la haine que se vouent ses géniteurs avant d'être rejetée comme un témoin gênant, elle est la spectatrice passive de l'égoïsme des adultes. A travers son regard innocent et lucide, Henry James compose une peinture ironique des passions humaines. Ce roman est le tour de force d'un maître en psychologie, la recréation d'une âme enfantine et du monde qui l'entoure, où l'analyse minutieuse des sentiments, d'une profondeur remarquable, laisse le lecteur émerveillé.

Ce que savait Maisie est l'un des romans les plus célèbres et reconnus de Henry James. Et pour cause, il est très moderne. De par sa forme, le ton employé par l'auteur et le sujet traité, ce roman se présente comme une oeuvre extrêmement novatrice ...
Les parents de Maisie, une petite fille de la bonne société anglaise, ont décidé de divorcer et l'enfant se retrouve au milieu d'une pagaille terrible. Ses parents se la disputent comme des pigeons un morceau de pain, non pas par affection mais comme instrument de haine et de rancune, de moyen de pression.
Evidemment, Maisie est trop jeune pour comprendre quels sont les véritables enjeux de l'intrigue dont elle est le coeur. La petite est en milieu hostile et conflictuel.
Maisie se retrouve donc tiraillée entre ses parents, ses gouvernantes, ses beaux-parents. Son innocence contraste avec l'amour du pouvoir et de l'argent de ses géniteurs, qui préfèrent livrer une existence volage et sans soucis ménagers plutôt que d'avoir à s'occuper d'elle.
Maisie s'attache très vite à ses beaux-parents, lesquels semblent davantage se soucier de son sort et apprécier sa compagnie. Mais là encore, la pauvre se devra d'écouter et d'assister aux doléances de ceux-ci, comme si, au final, sa propre peine était reléguée au second plan.
Comment faire confiance à des adultes qui lui promettent mots et merveilles et se protéger et ne pas souffrir face à leur infidélité ? Et surtout, comment Maisie, une enfant d'à peine 10 ans, peut-elle cerner une situation qui la dépasse et faire face à de constantes querelles ?
Du début à la fin, Maisie devra faire des efforts de compréhension aux limites de ses possibilités. Le lecteur prend d'autant plus conscience de son innocence qu'Henry James a choisi de décrire les évènements du point de vue de l'enfant. Néanmoins, et c'est ici que réside sans aucun doute la force du roman, l'auteur n'use jamais de pathos. Si le lecteur suit pas à pas les perceptions et émotions d'une jeune enfant, la psychologie du récit n'en est pas moins étonnamment complexe

Ce que savait Maisie fait incontestablement parti des romans d'initiation, de formation, les plus incontournables. On a comparé Atonement d'Ian Mc Ewan, entres autres, à ce roman d'Henry James, pour deux raisons, il me semble. Comme la Briony de McEwan, Maisie est une enfant, représentée comme l'héroïne voire l'instigatrice et la maîtresse du récit, immergée dans un monde adulte dont elle n'est certainement pas à même de cerner toutes les aspérités. Et tout comme dans Atonement, il s'agit dans ce roman de la découverte du Mal. Maisie est délaissée (même son éducation sera sommaire) et verra, à la fin du récit, son enfance brisée par cette quasi-solitude et cette dévorante exigence de mâturité.

Ce que savait Maisie est un roman extrêmement déstabilisant dans la mesure où le ton de Henry James est très détaché. On ne retrouve pas dans ce roman une douce ironie mais plutôt une amertume, une désinvolture acerbe. Ce procédé sert l'intrigue, en lui conférant une modernité de ton et de perception absolument brillante.

Et comme toujours chez Henry James, la finesse de la peinture psychologique s'allie à l'élégance du style.


Where the heart is de Billie Letts



Novalee Nation a dix-sept ans lorsqu'elle quitte son Tennessee natal pour rejoindre la Californie. Après une enfance misérable, entre orphelinats et familles d'acceuil, elle a décidé d'offrir à l'enfant qu'elle attend une vie sous le soleil. Mais le voyage s'arrête dans une petite ville de l'Oklahoma où son petit ami Willy Jack, un minable sans scrupules, l'abandonne devant un supermarché Wal-mart. Enceinte de sept mois, sans un sou en poche et sans personne pour l'aider, Novalee n'aura qu'une solution : s'installer dans le supermarché et y vivre cachée jusqu'à la naissance de son bébé. Pendant deux mois, elle va croiser des personnages hauts en couleur, des êtres généreux qui deviendront petit à petit la famille qu'elle n'a jamais eue ...


Née dans l'Oklahoma où elle a passé la majeure partie de sa vie, Billie Letts a longtemps enseigné (elle dirigeait également des ateliers d'écriture) avant d'entamer une carrière d'écrivain. Where the Heart is, best-seller aux Etats-Unis, a reçu un accueuil chaleureux en Europe.


Mon avis : Where the Heart is est un de ces romans qui empoignent le lecteur sans jamais le lâcher. Ce best-seller américain s'est avéré être pour moi plus qu'une agréable surprise.

Au delà de cette jolie histoire aux allures de parcours initiatique pour la jeune héroïne, le roman développe une pléiade de personnages inoubliables. C'est dans la force de leur caractère, de leur personnalité, dans la peinture des relations humaines que réside la puissance du récit. Billie Letts sait parler de personnes ordinaires en les rendant extraordinaires. On les suit, avec de la tendresse et de la compassion dans les yeux, on est ému devant leurs peurs, leurs troubles, leurs joies parce que l'auteur parvient à les rendre, à travers les pages de son roman, bien présents dans notre esprit.

Le ton du roman en lui-même m'a un peu désarçonnée au début (et pas dans le mauvais sens du terme), il est parfois cynique (certains passages, surtout au début, m'ont un peu fait penser à du Nick Hornby). Sous des allures modestes et terre à terre, Billie Letts esquisse une peinture remarquable de l'Amérique profonde des années 1990, tout en offrant à ses lecteurs un panorama absolument réjouissant d'une petite et singulière ville de l'Oklahoma et surtout une héroïne crédible, touchante et courageuse. Ce roman berce son lecteur de bout en bout. Il est attendrissant, à la fois drôle et grave, et surtout empreint d'une grande sensibilité.


Un film est sorti en 2001, avec Natalie Portman et Ashley Judd. Bien que plaisant à regarder, il n'arrive pas à la cheville du roman, selon moi. Les personnages sont trop nombreux pour y être chacun correctement traités.

Facination de Stephenie Meyer

fasc



Bella, seize ans, décide de quitter l'Arizona ensoleillé où elle vivait avec sa mère, délurée et amoureuse, pour s'installer chez son père, affectueux mais solitaire.
Elle croit renoncer à tout ce qu'elle aime, certaine qu'elle ne s'habituera jamais ni à la pluie ni à Forks où l'anonymat est interdit. Mais elle rencontre Edward, lycéen de son âge, d'une beauté inquiétante. Quels mystères et quels dangers cache cet être insaisissable, aux humeurs si changeantes ? A la fois attirant et hors d'atteinte, au regard tantôt noir et terrifiant comme l'Enfer, tantôt doré et chaud comme le miel, Edward Cullen n'est pas humain.
Il est plus que ça. Bella en est certaine. Entre fascination et répulsion, amour et mort, un premier roman... fascinant.





J'avais tellement entendu parler de ce livre autour de moi ! Je me suis donc dit qu'il n'y avait pas de raison que je resteà la traîne, je me devais de découvrir le premier tome de cette série de romans fantastiques américaine qui fait tant parler d'elle ! C'est donc entre deux lectures plus "conséquentes" que je me suis plongée dans ce "Fascination" de Stephenie Meyer. Je l'ai lu très rapidement, j'ai passé un agéable moment, la trame de l'histoire est assez bien construite, le suspens assez bien amené mais pour moi, ça s'arrête là. Pas de coup de foudre, à tel point que je ne suis pas tellement pressée de lire la suite des aventures de Bella et de son vampire ... En tout cas, pas dans un avenir immédiat, j'ai déjà tellement de romans en attente. Je ne compte pas non plus catégoriquement rompre mon avancée dans l'histoire, ce livre a tout de même ses qualités. C'est une lecture qui peut vous emporter, à certains moments du moins. Elle reste donc plutôt divertissante mais le hic, c'est sans doute que j'en attendais un peu plus. Oui, la trame promettait d'être fascinante mais le contenu, en lui-même, l'est peut-être un peu moins. Car, au delà de la fascination qu'inspirent les prémices de l'histoire, de la relation Bella / Edward, rien de nouveau sous le soleil. Une histoire de vampires qui, en ce qui me concerne en tous cas, n' apporte rien de neuf. La mythologie du livre n'est pas complètement inintéressante mais je n'ai rien vu qui aurait le mérite de pouvoir dépoussiérer le genre. De plus, j'en viens à me demander si cette série peut tenir la route, sur la longueur. Exception faite de certains passages, je n'ai pas trouvé le roman magique, touchant, envoûtant et plein de finesse qu'on m'avait promis... Moi qui suis d'ordinaire plutôt friande des livres écrits pour les jeunes adultes, je ne sais pas encore si je reverrai mon jugement en ouvrant le 2ème tome...

Mes meilleures amies - Alice Hoffman

 

 

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Présentation de l'éditeur

" L'une des choses que j'ai apprises, c'est que les événements les plus étranges peuvent advenir. A tout moment. Aujourd'hui, par exemple, le chat de Jill, ma meilleure amie, a parlé. Nous préparions des brownies dans la cuisine lorsque nous l'avons entendu dire : "Je veux sortir." Nous avons assisté à un miracle et, maintenant, nous attendons qu'il s'en produise d'autres. " Ainsi commence le journal intime tenu par Gretel Samuelson à un moment crucial de sa jeune existence : le divorce de ses parents. Drolatique, émouvant, ce livre raconte, dans une tonalité douce amère, l'éveil d'une adolescente au monde des adultes. Alice Hoffman compose sa galerie de portraits par petites touches, avec pudeur, et fait de sa Gretel une soeur de Holden Caulfield, le héros de L'Attrape-coeurs, le célèbre roman de J.D. Salinger.

La 4ème de couverture m'a donnée l'envie de lire ce livre pour la simple et bonne raison qu'une comparaison avec le chef-d'oeuvre de JD Salinger (que j'adore) y était faite. Bien sûr, il faut toujours se méfier de ce genre de choses mais je n'ai pas pu résisté. Au final, ce roman s'avère assez éloigné de "L'Attraoe-coeurs" mais n'en est pas moins une lecture fort agréable. Je ne connaissais absolument pas Alice Hoffman mais je suis ravie d'avoir fait la connaissance de son style. Ce roman est un admirable petit mélange entre émotion, tendresse et drôlerie. La vie sera loin d'être douce pour Gretel, le personnage principal de ce roman, à qui on s'attache très vite. Néanmoins, le dramatisation n'est jamais accentuée, tout est décrit avec une pudeur extrêmement délicate, comme pour mieux enjoliver les émotions et sentiments. Le tout est tout de même loin d'être particulièrement réjouissant, l'existence de Gretel et de son entourage est douce amère voire parfois tragique. Le narrateur (qui est parfois Gretel) porte un regard très réaliste et jamais exagéré sur les évènements qui jalonnent son existence de fillette, d'adolescente puis de jeune femme. J'ai abordé ce livre comme un roman mais il s'agirait plutôt en fait d'un recueil de petites histoires, d'anecdotes qui se suffisent à elles-mêmes mais qui forment néanmoins un tout.
Un petit roman sans grande ambition qui reste cependant une lecture plus qu'honnête, avec notamment d'excellents petits passages sur la vision

La Fenêtre Panoramique de Richard Yates

 

 

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Présentation de l'éditeur
April et Frank Wheeler forment un jeune ménage américain comme il y en a tant : ils s'efforcent de voir la vie à travers la fenêtre panoramique du pavillon qu'ils ont fait construire dans la banlieue new-yorkaise. Frank prend chaque jour le train pour aller travailler à New York dans le service de publicité d'une grande entreprise de machines électroniques mais, comme April, il se persuade qu'il est différent de tous ces petits-bourgeois au milieu desquels ils sont obligés de vivre, certains qu'un jour, leur vie changera... Pourtant les années passent sans leur apporter les satisfactions d'orgueil qu'ils espéraient. S'aiment-ils vraiment ? Jouent-ils à s'aimer ? Se haïssent-ils sans se l'avouer ?... Quand leur échec social devient évident, le drame éclate.



Une petite question avant de commencer : vous est-il déjà arrivé de décider de lire un livre sous prétexte qu'il sera bientôt adapté au cinéma (et qui plus est avec 2 de vos acteurs préférés, soit Kate Winslet et Léonardo Di Caprio, que j'admire bien indépendemment de "Titanic"...)? Moi oui, je l'avoue...
C'est donc la curiosité qui m'a poussée à lire ce roman, dans l'optique d'une adaptation en cours de tournage, signée Sam Mendes et qui marquera donc les retrouvailles des excellents Winslet et DiCaprio dans les deux rôles principaux!
Ce roman est un des plus marquants de la littérature américaine du XXème siècle et pour cause, elle nous dépeint une certaine classe moyenne, la vie d'être humains banale et étriquée avec une profondeur et une liberté de ton assez déconcertantes. L'auteur nous parle donc du commun des mortels. April et Frank Wheeler sont mariés, ont deux enfants et vivent dans un quartier résidentiel sans histoires de la banlieue new-yorkaise. On les croirait comme tout le monde, supérieurs en rien à leurs voisins, menant une existence où le quotidien ne semble réserver aucune surprise particulière. Mais au final, il n'en est rien. A travers cette fenêtre panoramique, on entre dans le quotidien de ce couple, qui s'aime mais aussi se déchire. Les disputes sont passionnées mais violentes, comme si elles étaient l'unique moyen pour eux de se sentir vivre et de s'exprimer dans un monde qui ne leur suffit pas. April et Frank se ressemblent, ils font tous deux figure d'anti-héros, aux prises malgré eux avec cet univers petit-bourgeois et creux qui les encerre et les étouffe. Ils cherchent ensemble désespéremment le moyen de contrecarrer un sort qui semble malheureusement bien établi. Ces deux personnages ressentent tout à fleur de peau et traversent une crise existentielle qui semble complètement dépasser leurs voisins, même ceux qu'ils croyaient être leurs amis.
Ce roman a été écrit sur les ruines du rêve américain, au réveil d'un cauchemard, celui de la désillusion. Sous l'apparence d'un style simple et d'un ton réaliste, l'auteur fait néanmoins souvent preuve de génie. Son talent de mise en scène, de peinture des sentiments et émotions exacerbées est absolument indéniable. Son récit s'insrit dans une gravité mêlée à une certaine gaîtée ironique. Richard Yates est un écrivain au style empressé, jamais un mot de trop. Le lecteur est donc happé dès le début dans la roman, grâce à l'immense force évocatrice de son auteur.
Après la lecture de ce roman, on a envie de savoir ce qui a poussé ces personnages vers le drame, de se donner les moyens de percevoir ce que le vide existentiel peut signifier pour certaines personnes dont la sensibilité ne peut que se heurter à l'étroitesse de la société humaine. Un roman qu'on ne doit pas lire déprimé mais qui se révèle bien toutefois être une oeuvre pleine de significations. Un livre qui sû faire voler en éclats les tabous de l'Amérique. Ecrit au tout début des années 60, il n'en est pas moins toujours d'actualité...
De plus, il est intéressant de noter que la découverte du manuscrit s'inscrit dans une histoire assez incroyable. On avait en effet pris connaissance, après la mort de l'auteur, qu'il avait réservé à son public un ultime roman. On le chercha pendant des jours jusqu'à ce qu'un de ses étudiants ne le trouve dans.... son congélateur!
Le film s'annonce donc foncièrement dramatique, violent, féroce et fiévreux. Les rôles de Frank et April ont été confiés à deux des meilleurs acteurs actuels. C'est une bonne chose et je leur souhaite bien du courage!
Ce sont deux rôles qui leur demanderont beaucoup..



Et Je viens tout juste de dénicher la PREMIERE photo de Kate & Léo dans RR.
Alors là voici, juste pour le plaisir des yeux Laughing :



Avril enchanté d'Elizabeth Von Arnim

aePrésentation: Deux jeunes Londonniennes, Mrs. Wilkins et Mrs. Arbuthnot, décident, un jour de pluie trop sale et d'autobus trop bondés, de répondre à une petite annonce du Times proposant un château à louer pour le mois d'avril sur la Riviera. En cachette de leurs maris, elles cassent leurs tirelires et trouvent deux autres partenaires pour partager les frais du séjour : l'aristocratique et très belle Lady Caroline Dester, qui veut fuir ses trop nombreux soupirants, et la vieille Mrs. Fisher, à la recherche d'un lieu paisible. Les brillants dialogues, la drôlerie constante des situations et des personnages qui rappellent Noel Coward ou le meilleur Wodehouse, réussissent par une sorte de pudeur à faire presque oublier que ce roman exempt de gravité est aussi un des plus beaux textes que la littérature du XXe siècle ait consacrés à l'Italie.




« A tous ceux qui aiment les glycines et le soleil. Italie. Mois d’avril. Particulier loue petit château médiéval meublé bord de la Méditerranée ».



Ce roman, à l'image de cette petite annonce, était plein de promesses. Promesse de nous faire découvrir une Italie printanière et enchanteresse, de nous faire cohabiter avec quatre femmes que tout - ou presque- sépare, mais qui se retrouvent pour apprécier un moment de liberté, loin des contrarités sentimentales, domestiques ou même de la solitude de leur morose Angleterre. C'est un récit plein de poésie et de douceur que nous propose cette romancière, injustement oubliée de nos jours. La beauté des paysages qui entourent la maison de vacances favorise les états d'âme. La cohabitation entre ces quatre femmes ne sera pas toujours facile. L'auteur aime à décrire leurs relations avec humour et cocasserie. Certaines ne se comprennent pas, se moquent et d'autres encore préfèrent s'éloigner. Mais la magie du lieu va opérer... Les coeurs vont s'ouvrir et le lecteur sera charmé de découvrir leurs pensées secrètes, leurs peurs, leurs troubles mais aussi leurs plus tendres espoirs. Avril enchanté est, au premier abord, un roman sans grande prétention, mais qui au final s'avère une lecture très agréable, idéale pour les vacances. Par l'élégance souriante de son style, le dosage minutieux de l'humour et de la mélancolie, la peinture psycholique de ses personnages, Avril enchanté est un roman qui se savoure avec délice. Néanmoins, si vous cherchez un récit prenant et plein de rebondissements, passez votre chemin. Le charme de ce roman réside bien ailleurs...

Washington Square

wsPrésentation: Quoi de plus délicat que les relations entre un veuf inconsolable et une fille qui ne ressemble pas à sa mère? A New York, l'implacable docteur Sloper vit seul avec son unique enfant, Catherine, un être vulnérable. Une vieille tante écervelée papillonne entre eux. Un soir surgit un jeune homme au visage admirable... Dans la vénérable demeure de Washington Square, le quatuor est en place pour jouer un morceau dissonant.



Je continue ma plongée dans l'oeuvre d'Henry James... Après le très court Daisy Miller, voici donc Washington Square! Considéré comme l'un des romans les plus accessibles de James, il n'en est pas moins riche. Il nous plonge au sein de la famille américaine Sloper, vivant à New York, et plus précisément dans le coeur de la fille du très réputé et respecté docteur Sloper : Catherine. Catherine n'a pas le profil d'une héroïne et pourtant elle sera celle de cette histoire. Une histoire d'amour, de sentiments troublés, contenus, corrompus, d'uen jeune femme aux prises d'un côté avec un père qu'elle craint et qui a de l'emprise sur elle et de l'autre, avec un jeune homme terriblement séduisant qui exerce son charme sur elle. Ce roman est donc celui de la confrontation du devoir de l'amour filial contre celui de la passion amoureuse, il nous dépeint des émotions contradictoires, avec une force psychologique incroyable. Il ne s'agit pas ici de parler de l'amour romantique mais plutôt de son pendant négatif. C'est de la tragédie du coeur dont il s'agit ici, d'une tragédie vue de manière détachée et ironique par le truculent personnage du docteur Sloper. Catherine est une héroïne ordinaire mais à qui on ne peut que s'attacher tant elle a à souffrir des personnes qui gravitent autour d'elle. Ecrit de manière simple et linéaire, James privilégie la peinture nuancée psychologique en écartant toute théâtralité inutile. Le roman n'est cependant jamais ennuyeux, le style de James est suffisamment enlevé, vif et limpide pour rendre sa lecture absolument exquise.

Daisy Miller de Henry James

dm Présentation: Daisy Miller est jeune, belle et riche, mais son indépendance et ses manières excentriques d'Américaine choquent la vieille société européenne qui lui ferme ses portes. Toujours accompagnée de Giovanelli, un jeune mondain chasseur de dots, elle compromet sa réputation avec désinvolture. Même Winterbourne, son meilleur ami, ne croit plus à son innocence. Un soir, alors qu'elle contemple le clair de lune au pied du Colisée, elle contracte une maladie mortelle...



Parce qu'il n'est jamais trop tard pour bien faire, je me suis décidée à découvrir la prose de James qu'encore tout récemment, avec un de ses plus courts romans. L'écriture de James est en tous points comme je l'espérais: un style élégant, précis, pure et complexe, mais dans le bon sens du terme. Certes, on ne peut pas considérer cette oeuvre comme majeure à proprement parler. Mais elle n'en reste pas moins une lecture "classique" intéressante tant James réussit à nous dépeindre ce formidable personnage féminin qu'est Daisy Miller, jeune femme terriblement difficile à cerner et appréhender. Elle agit de manière légère et scandaleuse selon la société, société qui l'encerre et l'étouffe. Néanmoins, est-elle à même de juger la véritable valeur de son caractère? Le narrateur, le jeune américain Winterbourne, est comme le lecteur : troublé par les charmes et l'attitude de cette jeune fille, la délicate et ravissante mais irrévérencieuse et impertinente Daisy.
Henry James nous brosse là le portrait d'un personnage tout à fait attachant. Cependant, j'avoue que je n'aurais certaiment pas rechigné devant un roman plus épais, tant le personnage de Daisy nous échappe... Souvent qualifié de petite lecture "tiède" au sein de l'oeuvre assez conséquante de James, j'ai pour ma part trouvé en "Daisy Miller" un petit roman élégant, moderne pour son époque. Une lecture pas inoubliable mais tout de même fort admirable pour son portrait d'une jeune femme libre.

"Washington Square" sera le prochain roman de Henry James que je lirai. A suivre donc...

Lire Lolita à Téhéran d'Azar Nafisi

llatPrésentation de l'éditeur
Après avoir dû démissionner de l'Université de Téhéran sous la pression des autorités iraniennes, Azar Nafisi a réuni chez elle clandestinement pendant près de deux ans sept de ses étudiantes pour découvrir de grandes œuvres de la littérature occidentale. Certaines de ces jeunes filles étaient issues de familles conservatrices et religieuses, d'autres venaient de milieux progressistes et laïcs ; plusieurs avaient même fait de la prison. Cette expérience unique leur a permis à toutes, grâce à
la lecture de Lolita de Nabokov ou de Gatsby le Magnifique de Scott Fitzgerald, de remettre en question la situation " révolutionnaire " de leur pays et de mesurer la primauté de l'imagination sur la privation de liberté. Ce livre magnifique, souvent poignant, est le portrait brut et déchirant de la révolution islamique en Iran. Biographie de l'auteur
Azar Nafisi, née à Téhéran, a fait ses études universitaires aux Etats-Unis. Elle vit aujourd'hui à Washington où elle enseigne à l'université John Hopkins. Lire Lolita à Téhéran a remporté le prix du Meilleur livre étranger 2004 et le prix des Lectrices Elle, catégorie Document, en 2005.



Qu'il est parfois difficile de rendre hommage par les mots à une oeuvre littéraire qui nous a enchanté, qui nous a ouvert un monde tout entier, qui a sû nous émouvoir, nous inspirer, nous désarmer... Vous l'aurez deviné, j'ai pour le moins adoré ce livre, qui m'a captivée du début à la fin (tout au long de ses 468 pages). Je répéterais ce qu'a formulé l'écrivain Margaret Atwood au sujet de cette formidable oeuvre : "Tous les lecteurs devraient lire ce livre".
Azar Nafisi nous y raconte donc son expérience de femme et de professeur à l'université de Téhéran, de son combat tacite mais tout de même bien réel contre la république islamique. Son terrain se trouve être celui de la littérature, de la fiction, du roman. Comme le lecteur le découvrira, les oeuvres qui l'ont enchantée, elle, ainsi que ses étudiants (7 filles + 1 garçon) les aideront à s'ouvrir vers un monde qui leur est interdit : celui de la culture (occidentale dans son ensemble), celui du pouvoir de l'imagination, de la critique et de la philosophie qu'on trouve presque dans toutes les grandes oeuvres de notre temps. Azar Nafisi fera découvrir à ses étudiants l'univers d'auteurs tels que Nabokov, Fitzgerald, James, Austen et nous montrera également dans quelle mesure ceux-ci ont eu un impact dans sa vie personelle et professionnelle. Leurs écrits permettront à ces individus de trouver un nouveau souffle à leur existence, de trouver un moyen de mieux vivre leurs douleurs du quotidien.
Azar Nafisi nous décrit donc le quotidien de ces personnes, victimes d'un régime totalitaire condamnant quasimment toutes formes de libertés d'esprit et d'ouverture vers le monde extérieur, en particulier pour les femmes. Elle nous prend comme témoin de ces incroyables rapports humains tissés grâce au pouvoir de l'écrit et de la littérature, au moyen de débats et de réflexions enrichissantes. L'auteur nous montre la réalité de leur vie sans aucun détour, elle nous décrit la torpeur, la douleur, l'humiliation sans le moindre détour mais elle fait aussi bien plus que ça : en tant qu'universitaire spécialiste de la littérature, elle nous fait bien évidemment également part de ses critiques littéraires, lesquelles sont terriblement réjouissantes.
Plus qu'un essai littéraire, plus qu'une autobiographie, ce livre est une formidable porte ouverte vers un monde où la littérature s'avèrera être un échappatoire salvateur.
Ce livre est un bijou précieux, lisez-le!!

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