
Ce que savait Maisie est l'un des romans les plus célèbres et reconnus de Henry James. Et pour cause, il est très moderne. De par sa forme, le ton employé par l'auteur et le sujet traité, ce roman se présente comme une oeuvre extrêmement novatrice ...
Les parents de Maisie, une petite fille de la bonne société anglaise, ont décidé de divorcer et l'enfant se retrouve au milieu d'une pagaille terrible. Ses parents se la disputent comme des pigeons un morceau de pain, non pas par affection mais comme instrument de haine et de rancune, de moyen de pression.
Evidemment, Maisie est trop jeune pour comprendre quels sont les véritables enjeux de l'intrigue dont elle est le coeur. La petite est en milieu hostile et conflictuel.
Maisie se retrouve donc tiraillée entre ses parents, ses gouvernantes, ses beaux-parents. Son innocence contraste avec l'amour du pouvoir et de l'argent de ses géniteurs, qui préfèrent livrer une existence volage et sans soucis ménagers plutôt que d'avoir à s'occuper d'elle.
Maisie s'attache très vite à ses beaux-parents, lesquels semblent davantage se soucier de son sort et apprécier sa compagnie. Mais là encore, la pauvre se devra d'écouter et d'assister aux doléances de ceux-ci, comme si, au final, sa propre peine était reléguée au second plan.
Comment faire confiance à des adultes qui lui promettent mots et merveilles et se protéger et ne pas souffrir face à leur infidélité ? Et surtout, comment Maisie, une enfant d'à peine 10 ans, peut-elle cerner une situation qui la dépasse et faire face à de constantes querelles ?
Du début à la fin, Maisie devra faire des efforts de compréhension aux limites de ses possibilités. Le lecteur prend d'autant plus conscience de son innocence qu'Henry James a choisi de décrire les évènements du point de vue de l'enfant. Néanmoins, et c'est ici que réside sans aucun doute la force du roman, l'auteur n'use jamais de pathos. Si le lecteur suit pas à pas les perceptions et émotions d'une jeune enfant, la psychologie du récit n'en est pas moins étonnamment complexe
Ce que savait Maisie fait incontestablement parti des romans d'initiation, de formation, les plus incontournables. On a comparé Atonement d'Ian Mc Ewan, entres autres, à ce roman d'Henry James, pour deux raisons, il me semble. Comme la Briony de McEwan, Maisie est une enfant, représentée comme l'héroïne voire l'instigatrice et la maîtresse du récit, immergée dans un monde adulte dont elle n'est certainement pas à même de cerner toutes les aspérités. Et tout comme dans Atonement, il s'agit dans ce roman de la découverte du Mal. Maisie est délaissée (même son éducation sera sommaire) et verra, à la fin du récit, son enfance brisée par cette quasi-solitude et cette dévorante exigence de mâturité.




























Tour à tour inquiétant, fascinant et attendrissant, c'est un personnage difficile à oublier.






