18.01.2009

Le Voyage dans le passé de Stefan Zweig

untitled1.jpg

 

Le voyage dans le passé est l'histoire des retrouvailles au goût amer entre un homme et une femme qui se sont aimés et qui croient s'aimer encore.
Louis, jeune homme pauvre mû par une " volonté fanatique " tombe amoureux de la femme de son riche bienfaiteur, mais il est envoyé quelques mois au Mexique pour une mission de confiance. La Grande Guerre éclate. Ils ne se reverront que neuf ans plus tard. L'amour résiste t-il à tout ? A l'usure du temps, à la trahison, à une tragédie ? Dans ce texte bouleversant, jamais traduit en français jusqu'à ce jour, on retrouve le savoir-faire unique de Zweig, son génie de la psychologie, son art de suggérer par un geste, un regard, les tourments intérieurs, les arrières-pensées. les abîmes de l'inconscient.

L'année de terminale a été pour moi celle des premiers véritables coups de coeur littéraires. C'est à cette époque que j'ai découvert JD Salinger et Stefan Zweig qui sont toujours deux de mes auteurs préférés.
Ma première incursion dans l'oeuvre de l'auteur allemand s'est faite avec Le Joueur d'échecs, un roman brillant et terriblement humaniste, sur fond de combat contre les traumastismes moraux causés par la barbarie nazie. Depuis, j'ai lu quelques autres de ses oeuvres qui m'ont tout autant marquées, comme La Confusion des sentiments ou encore Vingt-Quatre heures de la vie d'une femme. Mais j'ai décidé d'en laisser la majorité de côté (en particulier ses biographies) pour plus tard, je préfère garder à l'esprit qu'il me reste encore de ses écrits à découvrir ...

Et puis, telle une bénédiction, Le Voyage dans le Passé a été publié. Pour la première fois traduite en français, ce court roman (ou nouvelle ?) est aussi magistral que les autres ouvrages de Zweig. On y retrouve tout ce qui fait de cet écrivain un auteur majeur : un style sensible et intelligent, une finesse psychologique et empathique absolument inouïe.
Le Voyage dans le passé marque donc les retrouvailles de deux personnes qui sont tombées passionnément amoureuses l'une de l'autre. Séparés pendant neuf longues années, par les convenances sociales aussi bien que par le poids de l'Histoire, Louis et sa bien aimée se rejoignent sur le quai d'une gare puis partagent un voyage en train, dans un compartiment bondé et sont alors, une fois de plus, bien incapables de se regarder dans les yeux et d'exprimer leurs sentiments.
Ce voyage sera le cadre narratif d'un long flash-back, dans lequel nous sera présentée l'histoire de ce couple qui n'en a jamais été tout à fait un ...
Le roman est court mais terriblement intense. En peu de mots, Stefan Zweig décrit les tourments et les errances du coeur comme personne. Son récit est teinté d'une amère nostalgie. Les deux personnages se rendront bientôt à l'évidence, le printemps de leur amour est derrière eux  et a été comme broyé par la violence politique, l'inassouvissement des désirs et l'usure du temps.
Poignant et superbe, tout simplement.


10.01.2009

Helena Vannek d'Armel Job

hv.JPGDans la campagne flamande, avant la seconde guerre mondiale, Helena Vannek assiste à la mort de sa mère. La famille est livrée à la terrible autorité du père, Théo. Brusquement, sous le prétexte de distraire le frère d'Helena de son chagrin, Théo introduit dans la maison un jeune et mystérieux étranger.
Tout le monde se prend d'affection pour le nouveau venu. Helena, elle, se met à l'aimer. Mais il faudra compter avec tous les destins ...

J'ai acheté ce livre au dernier salon de littérature jeunesse de Montreuil, un peu par hasard. Le stand de la maison d'édition Mijade avait attiré ma curiosité. Etant très peu (pour ne dire pas du tout) familière de la littérature belge et flamande, je m'étais dit que l'occasion était venue pour moi de remédier à mon ignorance en la matière ^^
Après avoir littéralement dévoré ce roman, il m'apparaît plutôt étrange de le voir classé en littérature de jeunesse. Il n'est pas particulièrement difficile à lire mais il me semble que l'intrigue est assez retorse et l'atmosphère (très) sombre. 
 Helena Vannek est un roman admirablement bien écrit, qui nous entraîne et ne nous lâche jamais.
Helena, jeune fille nouvellement prômue institutrice, vit dans un petit village de la campagne flamande, auprès de sa soeur Mieke, son petit frère Tobie et son père Théo. Le roman s'ouvre sur un drame familial qu'Helena nous raconte sans nous cacher quoique ce soit. Pour guérir (ou du moins apaiser) le chagrin du jeune Tobie qui semble être celui qui souffre le plus de la perte de sa mère, Théo fait venir un jeune garçon d'un village voisin prénommé Guido. Guido se fait rapidement aimer de la famille d'Helena. Il devient le bon ami et le compagnon de jeu de Tobie, travaille avec Théo (qui est marchand de chevaux) et se fait apprécier des deux jeunes filles. Mais il y a plus : Helena prend peu à peu conscience des sentiments qu'elle éprouve pour lui. Guido, par sa réserve et sa douceur, l'attire irrésistiblement. Mais Guido est terriblement secret et ne tient pas particulièrement à ce qu'on s'attache à lui de cette façon. De fil en aiguille, le lecteur apprendra pour quelles raisons Théo a pu aussi facilement prendre Guido en charge, sans que sa famille n'y voit aucun invonvénient ...
Armel Job a le don de désarçonner son lecteur et de le prendre totalement au dépourvu. Il se joue des apparences avec un grand talent. Je ne peux pas en dire plus sous peine de vous révéler des éléments importants de l'intrigue. Sachez seulement que c'est un roman qui brasse une quantité de thèmes, tels que l'amour, la passion, la douleur, la jalousie, la folie et qu'il est poignant, intense et empreint de mystère.
Helena Vannek a été un de mes coups de coeur littéraires de l'année 2008. C'est donc avec plaisir que je me plongerai dans d'autres romans de cet auteur ...

La sublime illustration de couverture est le Portrait de Jeanne de Bauer du célèbre peintre belge Fernand Khnopff (1858-1921)

06.10.2008

Station Victoria d' Anne Cuneo : gros coup de coeur !



On ne reprochera certainement pas à Amalia de pécher par paresse : que d’énergie et de curiosité chez cette gamine de quatorze ans qui débarque à Londres seule et sans le sou, un jour de mars 1954! Il faut dire que, en rencontrant Victoria Brown – alerte octogénaire – à sa descente du train, elle ne pouvait pas mieux tomber. Apprentissage de la vie pour l’une, véritable renaissance pour l’autre, Station Victoria, d’Anne Cuneo, est l’histoire d’un double éveil et d’une amitié irremplaçable.…


Autant le dire tout de suite, ce roman a désormais une place dans le panthéon de mes livres préférés !
Vous est-il déjà arrivé, à la lecture d'un roman, de vous sentir submergé par un flot d'émotions alors même que vous n'en avez lu qu'un quart ? Vous savez d'ores et déjà que vous êtes en train de vivre un grand moment littéraire, que ce livre vous touche et vous correspond comme s'il avait été, en quelque sorte, un peu écrit pour vous... Parce que c'est exactement ce que j'ai ressenti ! J'ai eu ce qu'on pourrait appeler un vrai coup de coeur !

Station Victoria est l'oeuvre de la romancière et essayiste suisse Anne Cuneo. Je ne la connaissais que de nom mais ce roman m'a tout de suite interpellée, par sa couverture tout d'abord (une formidable photographie de la célèbre Henriette Grindat, reine de l'argentique) mais aussi par son titre : Station Victoria, qui sonnait bien entendu très anglais.

Il faut savoir que ce roman, qui a remporté de nombreux prix, est paru en 1989. La maison d'éditions suisse Campiche a eu la merveilleuse idée de le rééditer très récemment. Vous pouvez donc le trouver dans toutes les bonnes librairies.

Cette histoire se passe donc dans les années 50 et marque l'arrivée d'Amalia, une adolescente seule et désespérée en quête d'affection et de liberté, dans la capitale anglaise. Amalia est italienne et parle le français, elle a fui la prison-orphelinat de Lausanne, étouffante à tous points de vue. Mue par une audace enfantine mais néanmoins forte, elle se retrouve dans la célèbre gare de Londres avec pour objectif de réaliser un de ses rêves les plus fous : celui de devenir danseuse et de se marier avec Gene Kelly ! Le hic c'est que Gene Kelly est en Amérique, c'est à dire en terre lointaine pour la jeune fille...

Mais la vie lui sourit enfin en la personne de Victoria Brown, une vieille dame octogénaire, une femme que tout le monde aimerait connaître. Généreuse, espiègle, indépendante, courageuse, elle se transforme bien vite en Miss Bee pour Amalia, une grand-mère par procuration aussi bienveillante qu'affectueuse, un modèle à tous points de vue.

Très rapidement, une amitié très forte les lie. Avec Miss Bee, Amalia s'ouvre à la culture, elle se met à lire comme jamais (les références aux auteurs anglais que nous aimons tous sont nombreuses dans ce roman mais il est aussi question d'auteurs français et américains), à s'intéresser à la peinture, à visiter Londres et ses musées, à aller au cinéma ...
Ce roman nous transporte dans un univers très britannique, bientôt Amalia s'intéresse aux chevaux et aux courses (comme elle, nous ne pouvons qu'admirer les formidables talents d'écuyère de Miss Bee, qui malgré son grand âge, a toujours une allure altière en toutes circonstances), participe assidûment à des concours de fléchettes dans des pubs et fréquente des clubs de jazz.

Avec elle, nous assistons à la naissance du rock'n' roll et aux premiers émois que cette musique provoque chez les plus jeunes et aux interrogations des plus plus âgés et indécis.
Ce livre est un excellent roman d'apprentissage dans la mesure où Amalia, par le biais de ce qui se révèle être un journal, nous confie ses peurs, ses troubles, ses espoirs, ses coups de coeur et de griffe, ses aspirations, ses passions.
Amalia doit se débarasser d'un passé douloureux, mettre de côté les blessures morales infligées par une mère incapable de l'aimer.
En plus de nous présenter une véritable quête d'identité, Station Victoria est un roman extraordinairement bien documenté. Anne Cuneo nous parle de l'Angleterre et de ses trésors culturels de manière absolument réjouissante. Elle ne peut que nous passionner.
Station Victoria est un livre formidable dans la mesure où son auteur a su parfaitement restituer l'Angleterre des années 50.
Et en créant une galerie de personnages aussi réalistes qu'hauts en couleurs, de personnalités attachantes, riches et profondes, qu'on peine à quitter une fois le livre terminé, elle nous prouve également qu'elle est une portraitiste hors-pair.

Le lecteur suit avec grand intérêt le parcours d'une héroïne qu'il ne pourra qu'apprécier. Une jeune fille puis femme à l'ambition charmante, à l'innocence vivifiante. On l'admire pour sa soif d'indépendance, d'émancipation et pour sa faculté à s'ouvrir si facilement à la peinture, à la musique, à la littérature.
Miss Bee confie à sa nouvelle protégée ce qu'était sa vie, elle qui a connu pas moins de 4 monarques ! C'est une femme complexe qui peut aussi s'avérer secrète. Ce n'est que par bribes qu'elle racontera son existence et le moins que l'on puisse dire c'est qu'elle est passionnante.
Très tôt, elle a dû s'affranchir d'une famille aristocrate, fière et autoritaire pour s'affirmer, à une époque qui semble bien lointaine à Amalia (dont l'existence semble tout de même faire écho à celle de Victoria Brown ...).
On découvre par fragments son passé de suffragette, de femme émancipée, ainsi que sa vie amoureuse.
Miss Bee et Amalia deviennent donc très complices. Miss Bee lui faire lire Jane Austen, lui fait découvrir le jazz, partage avec elle des séances de cinéma ou des conversations à bâtons rompus sur la musique, le cinéma, les livres, la politique ou encore la famille. Et elle s'avèrera également une excellente conseillère en matière de sexe.

Station Victoria est un roman tourné aussi bien vers le passé que l'avenir. Il semble se centrer sur une période charnière du XXème siècle, tout aussi bien du point de vue social que culturel.
Anne Cuneo a construit son récit de main de maître, on n'y trouve jamais ni de lourdeurs ni de longueurs. Son style est vif, imagé. On sent que derrière ses dialogues tout aussi brillants les uns que les autres, se cache la femme de théâtre.

And last but not least, Station Victoria est un roman qu'on pourrait qualifier de particulièrement prenant. Il est romanesque dans la mesure où la vie d'Amalia est pleine de péripéties et de surprises, tout en restant largement dans la limite du réalisme. C'est un roman, drôle, allègre, résolumment optimiste mais aussi grave par moments.
Station Victoria, c'est avant tout l'histoire d'une rencontre exceptionnelle. Un récit qui ne manque jamais de rythme et dans lequel on plonge avec délice.
De plus, sous l'apparence d'un récit fictif, Anne Cuneo montre qu'elle n'a finalement de cesse de dénoncer les préjugés aussi bien que les injustices sociales. Elle revendique assez clairement sa lutte pour l'émancipation des femmes dans une société machiste. Ses deux héroïnes, Amalia, une adolescente et Miss Bee, une vieille dame, sont des femmes de tête. Une affection profonde les unit parce qu'elles sont un peu de la même trempe, elles ont toutes deux à coeur l'émancipation intellectuelle et morale. En ceci, Station Victoria se présente comme un roman féministe.
Ce livre porte le joli titre de Station Victoria car c'est un roman dans un roman, un récit écrit par Amalia et dédié à la femme qui a été dans sa vie son plus grand port d'attache.

Je ne sais que vous dire de plus si ce n'est que j'espère vraiment vous avoir donné envie de découvrir cet admirable roman ! :)

Le Jardin des Innocents de Kristien Hemmerecht

 

 

medium_zzzz.gif

Présentation: Trois sœurs d'une quarantaine d'années quittent la Flandre pour se rendre en Espagne, dans le petit port où, enfants, elles venaient en vacances : Nora, la benjamine, l'actrice, la séductrice ; Judith, l'aînée, la femme d'affaires aux activités mystérieuses ; et Hélène, vendeuse de parfumerie apparemment conventionnelle et sans histoires. Ensemble, elles vont retrouver leur tante, une
femme solitaire mise au ban de la famille depuis bien longtemps et qui s'est installée dans un lieu chargé de symboles, une bâtisse où la municipalité enfermait les filles-mères à l'époque de Franco. Au fil des kilomètres et des souvenirs égrenés dans le cadre de cette intimité illusoire, le passé évoqué met au jour les strates de moins en moins avouables de la personnalité des trois sœurs. La famille est toujours lieu de drames. Et le temps du voyage suffit pour que la mécanique sociale se dérègle, que les apparences se fissurent et qu'affleurent la violence, la folie ordinaire. Ce récit d'allure nonchalante, courant au fil de la plume ou paressant au rythme de la conversation, évoquant tour à tour la souriante mélancolie de Tchekhov ou l'âpreté d'Ibsen, offre une image parfaite de l'univers de Kristien Hemmerecht : un monde où la mer bleue cache d'inquiétants abîmes, où rien n'est " innocent ".

Mon avis: C'est complètement par hasard que je suis tombée sur ce roman à la bibliothèque. Je ne connaissais absolument rien de son auteur (apparemment très populaire en Belgique et aux Pays-Bas). Je l'ai emprunté car j'aime beaucoup la collection Actes Sud (je suis très rarement déçue par ce qu'ils éditent ^^) et je trouvais la photo de la couverture plutôt belle, et également parfaitement en accord avec la période estivale! Ce roman est une sorte de road-book, nous suivons les 3 soeurs Verstappen sur leur trajet en voiture qui les mènera vers l'Espagne. Mais plus qu'un voyage sur les routes c'est un voyage dans le passé des personnages et de leur conscience que nous propose ici l'écrivain. Ces trois jeunes femmes, Judith, l'aînée qui conduit, féroce business woman et personne forte, Hélène, la plus fragile (aussi bien psychologiquement que mentalement), esthéticienne et enfin la cadette, Nora, l'artiste et la plus libérée de la famille. C'est cette dernière qui nous raconte, nous décrit, nous plonge au plus profond des souvenirs de la famille et qui nous révèle aussi nombre de secrets...
Le roman, très bien écrit, peut paraître tout d'abord un peu terne, même banal. Du moins au début, l'histoire ne semble recéler aucune intrigue particulière. C'est au fil des pages et du voyage des trois soeurs que s'ébaucheront bien davantage les caractères des ces femmes. Au début, ces trois personnages nous paraissent sans doute un peu trop stéréootypées mais au fur et à mesure qu'elles se rapprochent de leur destination et que l'histoire se déroule, elles prennent davantage de vie et d'ampleur. Le lecteur est alors bien plus à même de comprendre leurs failles. Les relations entre les soeurs est alors assez remarquablement dépeinte, elles parviennent à nous émouvoir. Nora, la narratrice, sait depuis le début où elle veut nous emmener, mais compte bien au préalable nous expliquer certaines choses, nous décrire l'histoire familiale. Ce voyage vers l'Espagne où se trouve une maison dont elles vont hériter n'est pas faite pour retrouver un semblant d'innocence, innocence que deux d'entre-elles sont bien conscientes d'avoir perdu à jamais, mais est plutôt un prétexte pour s'aimer tout simplement, et surtout se retrouver.
Je ne pourrais en dire plus sur ce roman de peur de vous révéler malencontreusement le début de l'intrigue. Je ne vous expliquerai pas le titre non plus. C'est un roman sur la fêlure de l'être humain, subtilement écrit et particulièrement troublant.

Le marteau et l'enclume - Christine Falkenland


 

 



La mort du père a laissé la jeune héroïne de ce roman sous la coupe d'une mère autoritaire, dominatrice, qui a fait d'elle une enfant murée dans la haine de soi. Devenue adolescente, elle est trop perturbée pour aller au lycée. Aussi la mère engage-t-elle un précepteur qui bientôt incarne, aux yeux de la jeune fille, la seule chance de salut. Commence alors un jeu de séduction - puis de soumission : le " sauveur " entraîne son élève dans une relation sadomasochiste qu'elle ne cessera plus de reproduire, tout au long de sa vie de femme, à jamais brisée... De façon presque clinique et dans une écriture très crue, Christine Falkenland met en scène l'enfermement névrotique en ce qu'il peut avoir de plus odieux autant qu'irréparable. Ce texte sans complaisance, mais aux accents provocants, est le troisième roman d'une jeune femme considérée en Suède comme l'un des écrivains les plus prometteurs.
Amertume et colère nous atteignent en ce roman suédois autant que la pauvre héroïne qui évoque sa vie à l'occasion de la mort de sa mère, une vie gâchée par un père froid et un précepteur trop chaud. -- Services Documentaires Multimédia



Mon avis: Ce roman peut s'avérer difficile à lire, non pas du fait de l'écriture même de l'auteur mais plutôt de l'histoire qui nous est ici contée. Tout dans cette narration respire le malaise, le mal-être. Cette jeune femme, à défaut d'avoir reçu l'affection de sa mère (qu'elle désirait tant pourtant) ne cesse de s'offrir sans jamais recevoir en retour. Elle construit une sorte de forteresse autour d'elle et comprend qu'elle n'est et ne sera que solitude. Elle n'a jamais et ne connaîtra plus jamais l'amour de sa mère et pour cette raison, elle ne pourra trouver le bonheur. C'est donc cette terrible sensation, cet effroyable sentiment, cette prise de conscience que le lecteur semble retenir de l'oeuvre. Ce roman est relativement court, et se lit vite. Cet auteur (suédoise) a un style bien particulier. Ses phrases sont courtes, presque tranchantes, à l'image des aléas de l'existence du personnage principal. L'auteur distille sa prose, et ne tombe jamais dans le superflu. Son écriture est extrêmement crûe, à l'évidence mais également sobre et pleine de justesse. Le roman est mélancolique et n'accorde de répit à personne. C'est une oeuvre touchante, esthétique mais tout de même profondément pessimiste. A déconseiller aux âmes sensibles mais à conseiller aux amoureux de la littérature, à la recherche d'une oeuvre sombre, ténébreuse, ardente.