Une fois n'est pas coutume, je vais maintenant vous faire part d'un de mes derniers coups de coeur en matière de littérature française ! ;o) Ce livre a été lu cet été en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire !

Comme je vous l'ai dit dans un de mes précédent billets, j'ai la ferme intention de lire un peu plus de littérature française contemporaine cette année. Mais c'est comme pour tout, il faut savoir choisir parmi tout ce qui est proposé. Je m'aventure beaucoup plus facilement et aveuglément dans la littérature anglaise du XIXème siècle (pour ne citer qu'un exemple) parce que je sais qu'elle est plus susceptible de me plaire. En matière de littérature française du XXème et du XXIème siècle, je fais parfois quelques choix hasardeux. Mais en me fiant à mon instinct, j'ai découvert quelques auteurs que je compte désormais parmi mes préférés et que je relis avec un immense plaisir, tels que Nancy Huston, Sylvie Germain, Catherine Cusset, Alice Ferney, Annie Ernaux, Anne Wiazemsky, Isabelle Jarry et quelques autres encore. Je pense que je peux d'ores et déjà ajouter Frédérique Deghelt à cette petite liste (qui n'est composé que d'auteurs féminins, je viens juste de m'en rendre compte !)
J'ai lu La Grand-mère de Jade en 2 après-midi et je l'ai refermé avec émotion. Je crois que je n'ai jamais lu de roman qui nous livre une peinture aussi réaliste et touchante de la relation entre une grand-mère et sa petite fille.
Mamoune, surnom on ne peut plus affectueux que le lecteur adopte lui aussi sans mal, a fait un malaise. Son entourage, à savoir ses filles, lui font comprendrent qu'elle est arrivée à un âge où elle ne peut plus vivre seule, qu'il lui faut maintenant quitter sa maison pour se retirer dans une résidence médicalisée. C'est donc le moment de la rupture pour cette femme qui, elle aussi, est bien obligée d'admettre qu'elle a besoin de soins et d'attention. Elle doit dire adieu à son indépendance et son autonomie. Mais Jade s'y refuse. Elle ne veut pas voir sa Mamoune, qui lui a toujours prodigué une immense affection, vivre parmi des étrangers dans ce qu'elle considère comme étant un "mouroir". Elle a peur qu'elle y dépérisse peu à peu. Elle lui propose donc de venir vivre avec elle dans son appartement parisien.
Bien entendu, Jade, une jeune femme de 30 ans, vive, intelligente, et très indépendante a bien conscience que ce n'est pas une décision qui doit être prise à la légère. Cohabiter avec une octogénaire risque de chambouler ses habitudes ! Mais Jade décide d'agir par amour et de l'amour, sa grand-mère en mérite et en a bien besoin !
A travers ces presque 400 pages, le roman nous fait vivre des retrouvailles émouvantes, pleines de douceur et de pudeur. Frédérique Deghelt nous offre ici un portrait saisissant et nuancé de deux femmes que nombre de décennies séparent mais qui se trouveront des points communs jusqu'ici insoupçonnés. Le roman est un poignant hommage à la lecture et au pouvoir des livres et des mots. Jade et Jeanne, de son prénom, sont deux femmes de lettres, incontestablement. Jade est une journaliste que son métier ne semble pas toujours satisfaire. Elle souhaite devenir romancière mais son manuscrit a été refusé par toutes les maisons d'éditions qu'elle a démarchées. Un jour, sa grand-mère lui propose son aide. Jade est interloquée. Elle n'a jamais vu sa grand-mère un livre à la main et ignorait totalement qu'elle puisse s'intéresser un tant soit peu à la littérature. Sous les yeux de Jade mais aussi du lecteur, tout aussi médusé, Jeanne prend le pas sur "Mamoune" et nous livre, par bribes, des pans de son passé. Elle révèle que la lecture et elle, c'est une histoire d'amour depuis des années, qu'elle a côtoyé les plus grands auteurs avec assiduité et une soif de découverte toujours plus ardente. Et ce, au nez de tout le monde, à commencer par son mari et ses enfants. Pourquoi ? Je ne vous en dis pas plus !
La grand-mère de Jade est un merveilleux roman, et, ce pour plusieurs raisons. Le style de Frédérique Deghelt est élégant, mélodieux et se lit avec autant de plaisir que de facilité. Le récit, plein de tendresse, a l'excellent mérite d'aborder le thème de la vieillesse avec pudeur et sincérité. Et enfin, il nous donne à réfléchir sur le pouvoir des mots et de la fiction. L'épilogue m'a complètement désarmée !
En bref, un roman à lire absolument !
21:05 Publié dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (10) | Envoyer cette note
La débâcle de 1940, l'occupation allemande, la résistance, la collaboration... cette période sombre est aussi une période assez floue pour ceux qui ne l'ont pas vécue. La Deuxième Guerre mondiale observée en direct à travers les agissements quotidiens d'une brochette de civils qui se trouvent pris dans ses drames et s'y démènent conne ils peuvent : tout y est, la peur, la honte, le comique, le tragique, le répugnant et même l'héroïque. C'est un tableau d'époque allégrement brossé par un maître contemporain, lequel, pour la réédition illustrée de ce roman célèbre, s'est adjoint les talents de Philippe Dumas, artiste frère et âme sœur.
La ligne éditoriale de l'Ecole des Loisirs n'a pas fini de me surprendre et d'enchanter mes heures de lecture. Cette fois, cette maison d'édition, sur l'excellent conseil d'un de ses illustrateurs-vedettes, Phillipe Dumas (à qui on doit notamment les superbes dessins de Miss Charity), a décidé de remettre au goût du jour l'un des plus passionnants romans de la littérature française : Au Bon Beurre de l'académicien Jean Dutourd.
Passionnant est bel et bien le mot qui me vient à l'esprit quand je pense à ce livre. Il a un pouvoir évocateur très puissant. A travers ses pages, c'est toute une époque de notre Histoire qui nous est restituée, celle de l'Occupation. Nous y suivons les pérégrinations des Poissonard, crémiers du XVIIème arrondissement de Paris. Opportunistes et obsédés par l'argent, Charles-Hubert et Julie Poissonard n'hésitent pas à vendre des denrées sous le comptoir. Le marché noir est devenu pour eux un excellent moyen de renflouer leurs caisses. Sans éducation mais astucieux et rusés comme des diables, ils ne sont jamais à cours de roublardises pour grapiller de l'argent de-ci de-là. Et oui, autant dire les choses comme elles sont, les Poissonard profitent du malheur des autres et ça les réussit ! Ils ne sont pas non plus en manque d'excuses plus ou moins valables pour se donner bonne conscience. Selon eux, pourquoi ne pas en profiter ? Les temps sont difficiles pour tout le monde et encore plus pour les commerçants !
L'avarice des Poissonard est dépeinte avec un talent et un style exceptionnel. Jean Dutourd est un grand conteur. Ce roman se dévore plus qu'il ne se lit. Ses 350 pages et quelques se parcourent à la vitesse de la lumière. On y trouve beaucoup d'humour, lequel sert avant tout à stigmatiser des caractères et comportements scandaleux. On se moque bien évidemment des Poissonard mais on le fait avec classe et détachement et c'est ce qui rend cette chronique d'autant plus amusante et savoureuse.
En parallèle, nous suivons les aventures (assez rocambolesques, avouons-le) du jeune Léon Lécuyer, résistant, soldat échappé d'un camp de prisonniers poméranien, dont la mère, fidèle cliente des Poisonnard, attend le retour avec une grande anxiété. Léon est un brave garçon idéaliste, cultivé (il a fait des études de littérature à la Sorbonne) et romantique dont la guerre et l'occupation allemande n'a de cesse de broyer le coeur et les idées. Personnage maladroit et malmené qui cherche à devenir un héros de son époque, Léon a droit à un parcours picaresque allègrement décrit.
Ce roman nous offre un panel de personnages très représentatifs. On croise de tout à travers ses pages : des ex-royalistes, des antisémites, des petits bourgeois, des bonnes, des ouvriers, des députés, des étudiants, des résistants, des communistes, des faux résistants, des opportunistes, des collaborateurs, des SS etc.
Au Bon Beurre est une grande oeuvre dans la mesure où une période importante de notre Histoire nous y contée, et restituée avec un style indéniable. Jean Dutourd s'attache à décrire avec un langage vivant et imagé les coulisses de l'Occupation, l'univers très peu reluisant du marché noir, fait d'hypocrisie, de manigances et de simulacres. Sous sa plume allègre, un brin moqueuse et caustique mais aussi attendrissante et sensible, il nous livre une fresque jubilatoire.
Vous l'aurez compris, ce livre est pour moi un immense coup de coeur.
11:00 Publié dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
Dans un hameau du centre de la France, au début des années 1930, un vieil homme se souvient. Après avoir beaucoup voyagé dans sa jeunesse, Silvio se tient à l'écart, observant la comédie humaine des campagnes, le cours tranquille des vies paysannes brusquement secoué par la mort et les passions amoureuses.
Devant lui, François et Hélène Érard racontent leur première et fugitive rencontre, le mariage d'Hélène avec un vieux et riche propriétaire, son veuvage, son attente, leurs retrouvailles. Lorsque leur fille Colette épouse Jean Dorin, la voie d'un bonheur tranquille semble tracée. Mais quelques mois plus tard, c'est le drame. La noyade de Jean vient détruire la fausse quiétude de ce milieu provincial. L'un après l'autre, les lourds secrets qui unissent malgré eux les protagonistes de cette intrigue vont resurgir dans le récit de Silvio, jusqu'à une ultime et troublante révélation...
Situé dans le village même où Irène Némirovsky écrira Suite française, mais entrepris dès 1937, ce drame familial conduit comme une enquête policière raconte la tempête des pulsions dans le vase clos d'une société trop lisse. Complet et totalement inédit, ce nouveau roman d'Irène Némirovsky refait surface près de soixante-dix ans après sa composition.
Après avoir refermé ce livre, je me suis posée cette question : pourquoi est-ce je ne lis pas plus souvent de littérature française ?
Cet auteur qui a connu un succès plus qu'honorable de son vivant a été injustement oublié après sa mort et ce, durant de longues années. Le prix Renaudot attribué à Suite Française l'a remis à l'honneur et c'est un juste retour des choses !
Chaleur de Sang, quant à lui, est une petite merveille de style et de délicatesse. Sylvio, vieillard mystérieux, solitaire et légèrement blasé est de retour chez lui, dans une province bien rangée, dont la société ne l'avait guère satisfait il y a déjà de cela bien longtemps. Il a préféré mené une existence tumultueuse, a beaucoup voyagé et ne s'est jamais marié. Il a quitté son pays, comme poussé par la chaleur de sa jeunesse et de son coeur ardent d'homme passionné. Une nouvelle fois établi dans son village, il se met à observer certains membres de sa famille, sa cousine par alliance, Hélène, de la même génération que lui, l'époux de celle-ci et leur fille, Colette, nouvellement marié à un brave garçon du voisinage. Il voit cette future union d'un bon oeil. Il a beaucoup d'affection pour Colette et souhaite qu'elle fasse un mariage aussi heureux que celui de ses parents. Mais voilà, dans ce petit village de Bourgogne, les choses ne sont pas aussi lisses et stables que Sylvio veut se faire croire. A l'image de la jeune et belle Brigitte, mariée à un riche vieillard, laquelle s'expose aux regards et au scandale. Dans Chaleur de Sang, les apparences se font trompeuses.

Le roman s'ouvre sur ce qui semble être une petite chronique familiale sans grande ambition mais débouche sur quelque chose de déroutant. Sylvio observe et ne prend aucune part aux intrigues familiales et amoureuses qui sont en train de se jouer. Avec l'âge qu'il a acquis, Sylvio sait prendre de la distance et du recul face aux évènements dont il est témoin. Il croit n'être plus à même de se sentir concerné par les troubles de la jeunesse et se détache volontairement de ses frasques. Dans ce roman, le lecteur va de surprise en surprise. En un (relatif) petit nombre de pages, Irène Némirovsky a écrit une oeuvre dense et certainement plus épaisse qu'elle n'en a l'air. Sylvio, qui reprend plaisir à la stabilité et au repos d'une existence qui jusqu'ici ne lui avait pas convenu, prendra peu à peu conscience que la chaleur de son sang, la passion qui coule dans ses veines, l'ardeur des sentiments, partie intégrante de sa personnalité, ne l'ont jamais quitté. Son passé le rattrapera, et avec lui, un fort sentiment de nostalgie et d'amertume. Derrière ce simulacre de petite vie provinciale rangée et tranquille, se cachent des secrets restés trop longtemps enfouis.
Chaleur de Sang offre de savoureuses descriptions du monde paysan. Le style de Némirovsky est imagé, claire et fluide. Il hypnotise et c'est de cette façon qu'il parvient à rendre aussi tangible cette réflexion sur le temps qui passe. Le paradoxe et l'analogie entre jeunesse et vieillesse n'ont jamais été aussi brillamment rendus. Une oeuvre saisissante !
20:26 Publié dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (6) | Envoyer cette note

13:48 Publié dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note

23:52 Publié dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
Princesse italienne exilée dans le Paris des années 1830, Laura nourrit un goût immodéré pour les robes blanches et les perles de jais. D'une beauté infernale, elle suscite haine et passion. Après avoir ouvert un salon où se pressent ses soupirants - La Fayette, Bellini, Heine, Balzac, Liszt, Musset... -, elle devient l'avocate de la cause patriotique italienne, prend la tête d'une armée, publie des reportages sur Milan insurgé, lance des journaux, dirige les hôpitaux de Rome assiégée par les Français, se passionne pour les médecines parallèles, entreprend un périple qui la conduit de Malte à Constantinople, crée une exploitation agricole en Turquie, lutte contre les brigands d'Anatolie, connaît la vie des harems ; enfin, après avoir traversé des territoires inconnus des cartographes, atteint Jérusalem... Que lui reprochent ses contemporains ? D'être une jeune femme riche, scandaleuse, aimant rire et danser, vivant ouvertement ses aventures amoureuses, et dont le désir ardent est de voir s'élargir le rôle social et intellectuel de la femme. Féministe avant la lettre, Laura est une héroïne romantique controversée, donc exemplaire. Ce livre au souffle puissant est le roman de sa vie.

23:36 Publié dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

23:35 Publié dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

22:55 Publié dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Présentation : Pour vivre heureuse la Mère Michel a décidé de vivre cachée. Concierge du 7 rue de Grenelle à Paris, Renée Michel a cinquante-quatre ans, elle est veuve, petite, laide, grassouillette, pauvre, discrète et insignifiante. L’immeuble est occupé par la fine fleur de la haute bourgeoisie, de la droite ultra-conservatrice à la gauche caviar, tout ce beau monde étant doté d’une progéniture brillante. Pour eux la concierge n’est pas même pas une personne, simplement une fonction, celle de garder les clefs ou de sortir les poubelles. Aucun d’entre eux ne soupçonnerait qu’elle est plus cultivée qu’eux tous réunis. Madame Michel est mélomane, cinéphile, elle adore la peinture, lit beaucoup, surtout Tolstoï (qu’elle adore au point d’avoir nommé son chat Léon). Elle est capable de réfuter la phénoménologie de Husserl tout en prenant soin de faire croire à son entourage qu’elle passe sa vie à regarder des jeux télévisés. Sa vision des occupants de son immeuble est une radiographie, féroce et lucide de notre société contemporaine. Elle rejoint d’ailleurs celle d’une autre occupante de la maison, une gamine surdouée, déjà revenue des faux-semblants de la comédie sociale dont elle a décidé de se retrancher. Son objectif : se suicider à la fin de l'année scolaire ...

22:20 Publié dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
Moïse, «Momo», est un petit garçon de 12 ans qui s’ennuie à l’école et à la maison, auprès de son père, un avocat juif neurasthénique. Mais dans la rue Bleue où il habite, il y a des dames peu farouches qui ont bien des bontés pour lui, et surtout Monsieur Ibrahim, l’épicier arabe du quartier, musulman ,soufi exactement, originaire d’un Orient Lointain. Or, M. Ibrahim semble connaître les secrets du bonheur et du sourire dont Momo fait vite son profit. Et quand son triste père l’abandonne pour aller se jeter sous un train, M. Ibrahim adopte un Momo enchanté de devenir son fils. Ensemble, ils fermeront boutique, achèteront une automobile et s’en iront vers le pays natal du vieil homme, celui des derviches tourneurs qui savent tout de la contemplation, du coran, de ses fleurs et de la poésie du monde. Au retour, M. Ibrahim étant mort avant la fin du voyage, Momo, devenu Mohammed, retrouvera sa mère et apprendra que son vrai père, un professeur d’anglais, n’était pas juif du tout.
Pourquoi faire compliqué quand on faire simple? Après avoir refermé ce joli petit roman, c'est ce que je me suis dit. Il n'est pas toujours besoin de grands discours pour parler de tolérance religieuse et d'amitié, il suffit parfois d'une belle histoire. EE Schmitt nous prouve une fois de plus qu'il peut être un formidable conteur. Ce roman est une admirable fable, qui nous montre qu'au delà des préjugés et des différences, la complicité peut s'installer entre deux êtres qui n'ont rien en commun, Momo un jeune garçon juif et M. Ibrahim, le vieil épicier arabe du bas de sa rue. C'est léger, jamais sirupeux, toujours enlevé et grâcieux, et plein de charmes. On s'attache aux personnages, on éprouve de la compassion pour ces deux éclopés de la vie qui essaient de trouver un sens à leur existence. M Ibrahim aidera Momo à mieux se comprendre, lui, mais aussi le monde qui l'entoure. La religion occupe aussi une place primordiale dans le roman. Cette histoire est un joli hymne à la religion musulmane et l'ouverture d'esprit, un hymne chanté en toute simplicité.Ce texte est au final bien plus qu'un texte sur la religion, c'est aussi un remarquable récit d'apprentissage, où le jeune Momo apprend à dépasser l'obstacle du père absent et parvient à évoluer. L'initiation se fait sous le signe d'une sorte d'éducation existentielle, qui n'a absolument rien de pesant. EE Schmitt écrit avec une intelligence et un à- propos qui invitent à la réflexion. Une réflexion qui se porte sur la richesse du partage et de la tolérance. Certes, on pourrait peut-être trouver ça cliché mais pour moi, cela se situe justement bien au-delà des stéréotypes. En tant que fable, que conte moderne, l'auteur peut se permettre d'user de métaphores et d'allégories, de nous faire part d'un petit récit sans fioritures et en apparence, ultra simple, pour finalement nous révéler quelque chose de bien plus vaste et universel.
Il me reste maintenant à voir l'adaption, avec Omar Sharif. J'ai hâte...
Quelques citations qui m'ont touchée:
"- M'sieur Ibrahim, quand je dis que c'est un truc de gens riches, le sourire, je veux dire que c'est un truc pour les gens heureux.
- Eh bien, c'est là que tu te trompes. C'est sourire, qui rend heureux."
"Ainsi allait la conversation. Une phrase par jour. Nous avions le temps. Lui, parce qu'il était vieux, moi parce que j'étais jeune."
Ce conte à dire et à lire est un enchantement de légèreté et d’intelligence, d’humour et de gravité. C’est une leçon de sagesse, de tolérance, de fatalisme et de bonté. Une fable complice pour tous les âges, d’un charme irrésistible.
21:39 Publié dans Littérature française | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note