01.10.2009

Les Chapardeurs (The Borrowers) de Mary Norton

Voici un billet consacré à l'une des oeuvres de la littérature jeunesse anglaise les plus importantes du XXème siècle, The Borrowers de Mary Norton.

C'est un roman que j'ai découvert trèèèès tardivement (c'est à dire la semaine dernière ) mais que j'ai beaucoup aimé

Voilà plus de quarante-cinq ans que Mary Norton a donné naissance aux Borrowers (emprunteurs) et inventé les premières aventures de ces petits êtres aussi ingénieux que sympathiques. Ils n'ont plus cessé depuis de fasciner et faire rêver les générations d'enfants qui les ont découverts.
Mary Norton se souvient avoir imaginé les Borrowers alors qu'elle était enfant et jouait avec de minuscules poupées chinoises.

Les Chapardeurs / Emprunteurs vivent dans les petits endroits secrets des vieilles maisons, derrière la cheminée, sous l'horloge de la cuisine, sous le plancher etc. Ils ne possèdent rien mais empruntent tout et pensent que les êtres humains ont été créés juste pour faire le sale boulot.   Le père d'Arrietty (laquelle est donc notre petite héroïne), Pod, était un emprunteur expert ! Il savait monter le long des rideaux à l'aide d'épingles et rapporter la tasse d'une poupée sans la casser. Les filles n'étaient pas supposées partir emprunter mais comme Arriety était une enfant unique, son père décida d'enfreindre la règle. Mais quelque chose arriva qui changea à tout jamais leur existence. Elle se lia d'amitié avec un petit garçon habitant la maison ...

Tout ceci est raconté par une vieille dame à une petite fille très curieuse

Je crois pouvoir dire que c'est l'un des plus jolis romans jeunesse que j'ai pu lire de ma vie Il est touchant, cocasse, très drôle (certains dialogues sont franchement tordants) . L'intrigue est menée tambour battant et les rebondissements sont aussi inventis que les petites créatures qui peuplent l'histoire. Mention spéciale à la toute fin du livre qui vaut vraiment son pesant d'or

Je n'ai pas vu l'adaptation. Je me demande si elle fait honneur à ce petit bijou ...

31.08.2009

Ella l'ensorcelée de Gail Carson Levine (billet express)

1553-gail-moy.jpgJe viens de terminer Ella Enchanted (Ella l'ensorcelée en VF) et autant ne pas y aller par 4 chemins : j'ai complètement adoré ! cheers 

 Lucinda, cette idiote de fée, n'avait pas l'intention de me jeter un sort. Elle voulait me faire un cadeau. Comme j'avais pleuré désespérément pendant toute la première heure de mon existence, ce furent mes larmes qui lui donnèrent une idée. Hochant la tête et regardant ma mère d'un air compatissant, la fée me toucha le nez. - Mon cadeau sera l'obéissance. Elle sera toujours obéissante. Et maintenant, arrête de pleurer, mon enfant. Je m'arrêtai. " Le sort de la fée Lucinda est si puissant qu'Ella est obligée d'exécuter tous les ordres qu'on lui donne, quels qu'ils soient, même si elle s'y refuse de toutes ses forces. En grandissant, elle a appris à mettre toute son intelligence au service d'une lutte de chaque instant pour dissimuler sa vulnérabilité. Mais à présent que sa mère est morte, que son père a décidé de se remarier, la voilà plus fragile que jamais. Car certaines personnes malveillantes ont tôt fait de percer son secret et de s'en servir. Les pouvoirs de sa marraine et l'amour du prince Charm l'aideront-ils à échapper aux personnes qui la haïssent et à vaincre la malédiction ?

Ce roman vient de faire une entrée spectaculaire dans mon top de livres de littérature jeunesse ! 
Gail Carson Levine a su remettre au goût du jour le genre du conte de fée avec brio ! C'est touchant, drôle et enlevé. L'auteur a une imagination sans borne ! Ce roman est fait de trouvailles plus jolies les unes que les autres !
Tout y est brillant : de l'intrigue à l'humour en passant par la romance et le traitement du fantastique.

Bref, ce roman est une perle ! sunny

Je meurs d'envie de lire d'autres de ses oeuvres maintenant !

12.06.2009

Avis de recherche

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Il y a un roman que j'ai adooooré enfant mais dont je ne me rappelle ni le titre ni l'auteur ! Alors j'espère que quelqu'un parmi vous le connaît ! Je me rappelle certaines petites choses à son sujet. Ce n'est pas un roman français (du moins si je me souviens bien Rolling Eyes ), il est paru chez Castor Poche (j'ai dû le lire au début des années 90). On y suivait l'histoire de quelques orphelins. Ne me demandez pas combien, je me rappelle seulement qu'ils étaient assez nombreux ^^ Après le décès de leurs parents, ils ont été pour la plupart séparés car confiés à des familles d'accueil. Il me semble que le personnage principal (voire la narratrice) est la soeur aînée.
Elle était très attachée à sa petite soeur et a très mal vécu le fait d'être séparée d'elle. Je crois d'ailleurs qu'à la fin, elle la revoit mais celle-ci l'a oubliée... Quand elle vivait encore auprès de ses parents, l'héroïne passait son temps à jouer avec une maison de poupées, dont les petits personnages n'étaient autres que Boucle d'Or et les trois ours. Installée chez sa nouvelle famille, elle se met à confectionner de nouveaux petits objets de décoration pour la maison en faisant de la récup'. C'est de cette manière qu'elle tente de conjurer le passé et de reprendre goût à la vie.
Ca vous dit quelque chose ? Je suis désespérée, je n'ai trouvé personne pour me rafraîchir la mémoire No
EDIT : Grâce à Lilith (du forum The Inn at Lambton) et à Solenn, j'ai réussi à retrouver les références de ce livre (qui est en fait un dyptique : La Maison en danger et La Maison retrouvé de Marylin Sachs). Merci beaucoup pour votre précieuse aide !

28.04.2009

Quatre Soeurs de Malika Ferdjoukh

quatre_soeurs.gifUne chronique sur Quatre Soeurs de Malika Ferdjoukh manquait cruellement à mon blog ! Je me dois donc de remédier au plus vite à ce scandaleux oubli de ma part ! :D

Celles et ceux qui me lisent depuis un certain temps savent sans doute à quel point la littérature de jeunesse occupe une place privilégiée dans ma vie de lectrice. Celle-ci s'est construite au travers de romans pour enfants aussi bien que pour "jeunes adultes". J'ai commené à m'intéresser à la littérature très tôt mais c'est finalement assez tardivement que mon intérêt de "lectrice avertie" s'est porté de manière plus vive sur la littérature dite de jeunesse.

Les romans édités chez L'Ecole des Loisirs m'ont procurée de nombreuses heures de bonheur de lecture. Il y a Marie-Aude Murail bien sûr, mais aussi Marie Desplechin, Olivier Adam, Susie Morgenstern, Ellen Willer, Moka et quelques autres encore. Et il y a la formidable tétrade Malika Ferdjoukh.

En postant ce billet, je n'ai pas pour objectif de composer un compte-rendu de lecture digne de ce nom. J'ai découvert Quatre Soeurs il y a déjà quelques temps. Comme il m'est difficile de me rappeller l'intrigue dans les plus petits détails, je m'efforcerai seulement de vous en donner un léger aperçu. Mais c'est une bonne chose finalement ! Je ne veux pas trop vous en dire !

Ca commence fort : Quatre soeurs est en fait l’histoire de cinq soeurs (si ! si !) qui vivent seules, depuis la mort de leurs parents, il y a dix-neuf mois, vingt-deux jours et peut-être même un peu plus quand vous lirez ces lignes. Enid est la plus jeune. Viennent ensuite, de la moins à la plus âgée, Hortense, Bettina, Geneviève, et enfin, Charlie.

Quatre Soeurs de Malika Ferdjoukh, c'est une série dans tout ce qu'elle a de meilleur. Composée de quatres tomes portant chacun le prénom d'une des héroïnes, elle nous plonge dans la vie d'une fratrie à qui on s'attache irrémédiablement. Le talent de Malika Ferdjoukh réside en cette faculté de nous décrire la vie quotidienne avec un relief pour le moins étonnant. Grâce à sa plume fantasque, fantaisiste et à son humour, elle parvient à nous livrer entre ces pages tout ce qui fait finalement le piquant de l'existence.

La mise en scène du récit est proche du feuilleton familial. Mais tout est ingénieusement construit, agencé, pensé. Même la plus petite anecdote a quelque chose à apporter à l'histoire.  Sous des travers comiques, l'auteur nous dévoile les secrets et l'intimité d'une famille nombreuse, et sa difficulté à se reconstruire après la mort accidentelle des parents. Le récit est alors plein de nuances. Il se fait tour à tour drôle, cocasse, tendre, mélancolique, grave. Une quantité de thèmes ayant trait à l'enfance, à l'adolescence et même à l'âge adulte y sont traités : les premiers émois amoureux, la maladie, le deuil, l'amitié, l'école, le regard des autres, la solitude, le sexe etc.

Chacune des soeurs a une personnalité bien définie, des goûts particuliers. Le lecteur peut donc s'identifier facilement à l'une ou l'autre d'entre elles et même être agréablement surpris par celle qu'il avait négligée ou, au premier abord en tous cas, un peu moins appréciée.

J'envie les lecteurs qui n'ont pas encore fait la connaissance de ces héroïnes, ni mis les pieds dans la Vill'Hervé, qui n'ont pas encore rencontré leurs chats, le rat Mycroft, Basile, Tancrède, la tante Lucrèce encombrante et pingre, le séduisant Vigo (et pas Viggo ! ^^), l'émouvant Merlin (mon préféré), ou encore le Gnome de la chasse d'eau. Autant de personnages qui ne pourront se faire oublier ...

Au rendez-vous, entre ces pages, pas de rebondissements ni de retournements de situations à tout-va : non, bien mieux que ça ! Quatre histoires en une seule où on nous apprend à traquer le malheur par l'ironie, où le langage se fait bondissant et foudroyant de drôlerie et de trouvailles narratives et stylistiques en tous genres, et où on trouve finalement tout ce qui fait d'un livre un pur délice : du mystère, de l'aventure, de l'amitié, de l'amour, de l'humour et du rêve. Quatre soeurs, c'est un ravissement de bout en bout. Alors, pourquoi s'en priver ?

23.03.2009

Et si on adaptait Miss Charity ?

Si vous lisez ce blog depuis un certain temps, vous savez sans doute que Miss Charity de Marie-Aude Murail a été un des mes plus gros coups de coeur littéraires de 2008, à tel point que je le classe désormais sans le moindre doute parmi mes romans préférés tous genres et époques confondus.

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Vous pouvez lire ici mon compte rendu de lecture. Il y a tout ce que j'aime dans ce livre : une héroïne forte et attachante, un récit émouvant, délicieusement rythmé, teinté d'une douce ironie, une réflexion sur la société victorienne et le statut de la femme, une histoire d'amour pas plan-plan pour un sou, des dialogues savoureux, une restitution fidèle de l'Angleterre du 19ème ponctuée de références culturelles et bien d'autres choses encore.

Tout ceci écrit par celle qui est une de mes romancières fétiches. Je crois que je n'aurais pas pu rêver mieux :D

Miss Charity est aussi un roman qui se prêterait à merveille à une adaptation, si possible en plusieurs épisodes et tant qu'à faire, produit par la BBC (presque un gage de qualité pour moi). Le roman est foisonnant et se déroule sur plusieurs années. Un format plus long lui conviendrait tout à fait !

Mais quel dommage (et surtout quel gâchis !) . Le roman n'aura jamais droit à un telle transposition à l'écran :( Comme on est jamais mieux servi que par soi-même, j'ai décidé de "réaliser" une adaptation fictive. J'ai donc, dans un premier temps, joué les directrices de casting ! :D Je ne suis pas 100% satisfaite du résultat mais bon, on va dire que ce n'est qu'un premier jet Razz

C'était assez difficile de respecter l'âge des personnages car dans le roman, on les suit pendant de nombreuses années et on voit même grandir certains d'entre eux ...


Charity Tiddler - Claire Foy (vue dans Little Dorrit etc)



Kenneth Ashley - Matthew McNulty (vu dans Lark Rise to candleford etc)



Mrs Tiddler - Maggie O'Neill (vue dans Mansfield Park ITV 2007)



Mr Tiddler - Denis Lawson (vu dans Bleak House BBC 2005)



Blanche - Anna Madeley (vue dans Sense & Sensibility BBC 2008, Affinity etc)



Tabitha - Eve Myles (vue dans Torchwood, Little Dorrit etc)



Tante Janet - Sylvestra Le Touzel (vue Northanger Abbey ITV 2007 etc.)



Ann - Romola Garai (vue dans Daniel Deronda, Atonement etc)



Lydia - Hayley Atwell (vue dans Sally Lockhart, Mansfield Park ITV 2007 etc.)


Bon, il en manque beaucoup (et pas des moindres ! ) mais je dois dire que pour les autres, il faut que je réfléchisse encore.  Sans compter qu'il se pourrait très bien que je change d'avis pour tel ou tel acteur si je trouve mieux par la suite :D 

J'attends vos suggestions ! ^^

14.01.2009

Les Penderwick de Jeanne Birdsall

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Quand les quatre soeurs Penderwick se retrouvent dans une magnifique propriété du nom d'Arundel pour passer les vacances d'été, elles sont plus qu' impatientes d'explorer le merveilleux décor qui se déploie devant elles : jardin, champs à perte de vue. Mais elles feront la connaissance d'un garçon plus merveilleux encore : Jeffrey, fils de la propriétaire d'Arundel, qui deviendra très vite le parfait compagnon de leurs aventures. La mère de Jeffrey est toutefois moins enthousiaste que les soeurs Penderwick à l'idée de voir son fils se lier d'amitié avec elles. Elle craint qu'ils ne s'attirent des ennuis, ce que bien entendu, ils ne manqueront pas de faire !

Le synopsis peut vous paraître comme peu original mais ne vous y fiez pas, il ne rend pas justice à ce petit trésor de littérature jeunesse !

L'année 2009 vient de commencer mais je suis déjà sûre et et certaine que je classerai ce roman parmi mes coups de coeur. Les Penderwick s'est avéré être exactement ce que je souhaitais qu'il soit : un cocktail absolument délicieux et détonnant d'émotion, de drôlerie et de charme. Jeanne Birdsall a été encensée par la critique pour ce tout premier ouvrage (le 1er d'une série !) et je comprends tout à fait pourquoi !

Avant même d'être arrivée à la 5ème page, je savais que j'allais tout bonnement adoré ce livre. Il a tout pour me plaire : une galerie de personnages tous plus enthousiasmants les uns que les autres (à commencer par ces quatre héroïnes à qui on s'attache irrémédiablement mais aussi Jeffrey, un jeune garçon comme je n'en ai pas rencontré depuis longtemps sur papier !), un univers et un décor merveilleusement bien décrit et surtout une plume tourbillonnante. Jeanne Birdsall est avant tout une formidable conteuse d'histoires. Son récit est empreint de fantaisie. Je ne compte même plus le nombre de fois où je me suis attendrie à la lecture d'un passage ou même d'une phrase. Ses dialogues sonnent incroyablement juste. Et c'est pour cette raison que ses petites héroïnes sont si attachantes, elles sont criantes de réalisme. En quelques répliques, quelques éléments de description, les portraits sont réalisés. Rosalind, Skye, Jane et Battie nous sont présentées. Chacune a une personnalité bien définie, des manières,  des goûts qui leur sont propres.

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Rosalind, en tant qu'ainée, a des responsabilités. Elle est douce et sérieuse et souvent, de très bon conseil. Mais les Penderwick ont perdu leur mère depuis bientôt 4 ans. Et Rosalind, qui prend le chemin de l'adolescence, se pose des questions que l'absence de sa mère laisse sans réponses, telles que par exemple : comment savoir lorsqu'on est amoureuse ? Autant d'interrogations que Jeanne Birdsall traite avec une pudeur, une émotion et encore une fois avec un humour tendre plus que bienvenus. Skye, la seconde, a un caractère bien trempé et pas la langue dans sa poche, ce qui lui coûtera d'ailleurs quelques soucis ... Mais, grâce à son audace, Skye prouvera aussi qu'elle a du coeur. Jane, la 3ème, est sans doute celle qui a le plus de créativité. Ses élans lyriques parfois un petit peu déplacés m'ont fait rire à de nombreuses reprises ! Sa passion de l'écriture et son imagination sans borne me l'ont rendue extrêmement sympathique. J'ai toujours aimé les personnages un peu lunaires ^^ Et enfin, il y a Battie, la petite Battie qui ne quitte jamais ses ailes de papillon, et son chien Hound, plus facétieux que jamais.

En bref, le roman fonctionne merveilleusement bien avant tout parce que ces petites Penderwick nous apparaissent instantanément comme des filles charmantes. Le récit de leurs aventures estivales est un délice. L'auteur a beaucoup d'imagination, les anecdotes drôles et émouvantes qui rythment leurs jeux et autres folles équipées sont toutes brillamment trouvées. Tout au long du livre, souffle un vent de nostalgie, celle du souvenir de notre propre enfance bien entendu, mais aussi celle, plus littéraire, de toute une tradition du roman pour enfants. Les Penderwick a ce petit quelque chose de délicieusement désuet qui le rend aussi savoureux qu'ensorcelant.

Le tome 2 est disponible, uniquement en anglais pour l'instant. Je l'ai déjà commandé : il s'intitule The Penderwick on Gardam Street. Comme son titre l'indique, dans ce tome, les soeurs sont de retour chez elles :D

Seule l'édition italienne contient des illustrations, en voici un petit aperçu (Oh là là, qu'est ce que j'ai aimé la scène croquée sur l'illustration de gauche !!)

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NB  : Le tome 1 est sorti tout récemment en français. Je l'ai pour ma part lu en anglais. Il se peut que certains prénoms aient été modifié dans la traduction...

Très bientôt, je vous parlerai d'un autre de mes coups de coeur littéraires de ce début d'année. Il s'agit de The Uncommon Reader (La Reine des lectrices en VF) du formidable Alan Bennett, à qui on devait déjà The History Boys.

04.01.2009

Le garçon qui ne pouvait pas voir les livres en peinture d'Ellen Willer

ew.JPGLire, Etienne a toujours détesté ça. Les livres, c'était bon pour les autres, les premiers de la classe, sa mère, les filles, les profs. Lui, il avait mieux à faire. Mais voilà que ses parents divorcent. Rien ne sera plus jamais comme avant. Alors, tant qu'à changer... Le soir de l'annonce, seul, perdu, enfermé dans le bureau de sa mère, Etienne attrape un livre. Un recueil de nouvelles. Le titre de la première le fait sourire: Un jour rêvé pour le poisson-banane. A la cinquième page, le mot  « sexe » l'accroche.  Et c'est parti. Etienne plonge dans l'histoire. Il se distrait de la sienne. Il devient curieux des livres, amoureux des livres. Au point d'avoir envie d'en écrire un...


L'histoire d'un garçon qui découvre le plaisir de la lecture grâce à JD Salinger ? Ce roman est fait pour moi !
Le Garçon qui ne pouvait pas voir les livres en peinture est un des plus beaux romans sur l'adolescence que j'ai pu lire et il est, sans surprise, édité chez la formidable maison d'édition L'Ecole des Loisirs qui ne cesse de proposer de vrais petits trésors.
Etienne incarne un héros sensible et moderne. C'est grâce à la littérature qu'il s'ouvre davantage au monde qui l'entoure et qu'il l'appréhende de manière plus judicieuse. Etienne est un merveilleux personnage masculin. Adolescent sans réel passion, à la dérive car ses parents sont en plein divorce, Etienne tente de trouver un remède à son chagrin. La littérature se révèlera comme un parfait échappatoire au climat dramatique qui règne dans sa famille. Mais quoi de plus surprenant lorsque l'on connaît à quel point le jeune homme abhorrait les livres ? !
De fil en aiguille, il raconte ses lectures, nous fait part de ses coups de coeur. Le roman est écrit au rythme de ses découvertes littéraires, qui, toutes, auront un impact sur son existence. Chaque chapitre porte le nom d'un auteur : Alexandre Dumas, Jane Austen, JD Salinger, Françoise Sagan, Dan Brown, Frédéric Beigbeder et bien d'autres. Etienne se met à lire des auteurs qui ne l'attiraient pas jusqu'ici, qu'ils soient classiques ou contemporains, reconnus ou non. Ses choix sont étonnamment éclectiques, ce qui rend ses compte-rendus d'autant plus passionnants. Et puis, personne ne l'oblige à lire ces ouvrages en particulier, il vient à la lecture seul ! Il ne voit plus cette activité comme rébarbative parce qu'il l'accomplit librement et sans contraintes.
Ses découvertes ne seront pas que littéraires. Etienne nous raconte aussi ses premiers émois et chagrins amoureux. Il nous ouvre son coeur. Dôté d'une lucidité et d'une intelligence désarmantes, il est terriblement attachant.
Etienne est un homme en devenir, qui tâtonne, se cherche et parvient à se trouver par le biais de la lecture puis de l'écriture. En ce sens, ce roman fait figure de jolie déclaration d'amour à la littérature.
Dans ce roman, Ellen Willer pose aussi les bases de sa conception de la littérature. A travers son héros, c'est bien entendu l'écrivain qui parle et nous livre une sorte de pacte d'auteur. Elle pose de nombreuses questions intéressantes telles que : doit-on venir à la lecture de son propre chef ? De quelle façon choisir ses lectures ? Comment exprimer sa déception après une lecture ?
Elle donne aussi à réfléchir sur le statut de critique littéraire et ce, très intelligemment et sans avoir l'air d'y toucher :

"Je songe parfois aux critiques littéraires, qui lisent pour avoir lu. Comme sur la liste de l'école en début d'année, lorsqu'ils ont lu un livre, ils en ont un de moins à lire. Ils ne lisent pas pour oublier ce qu'ils ont lu, ce qui est le meilleur moyen de se souvenir de ce qui vous a touché, mais pour décider de ce qu'ils vont en dire. Avec ou sans crayon dans la main, ils élaborent leur commentaire. L'ennui doit sembler normal : lire est leur métier. Mais surtout, à tant lire, à tant chercher à débusquer l'insolite, le singulier, l'exceptionnel, comment trouvent-ils les mots pour transmettre l'envie de lire à des lecteurs qui n'ont ni la même exigence, ni la même ambition, ni la même unité de mesure ?"

L'auteur ponctue donc son roman de courtes considérations littéraires, discrètes certes mais néanmoins essentielles. Etienne réfléchit également à différents procédés d'écriture.
Je ne peux pas me prononcer davantage au sujet de l'intrigue même du livre dans la mesure où elle est assez concentrée. J'ai peu d'en dire trop si je continue. J'espère toutefois vous avoir donné envie de découvrir cette petite "fiction autobiographique", qui se déguste avec un grand plaisir Smile

Le long titre fait écho à celui du précèdent roman d'Ellen Willer (que je ne connais pas encore), La fille qui ne digérait pas le divorce de ses parents ( c'est à dire la soeur jumelle d'Etienne) ...

22.12.2008

Star-crossed Lovers de Mickaël Ollivier

scll.jpgUne usine qui ferme, une grève qui éclate, une ville qui s'embrase, et deux adolescents qui s'aiment d'autant plus passionnément que tout et tous semblent vouloir les séparer.

Roman à deux voix, celles d'un garçon et d'une fille, qui raconte leur amour impossible au XXe siècle : François-Guillaume est le fils d'un industriel qui possède l'usine de la ville, Clara est la fille du délégué syndical de cette entreprise. Leur amour aurait pu s'épanouir sans la fermeture de l'usine et son rachat par un grand groupe. Un conflit dans lequel chacun doit choisir son camp...

Ce n'est pas sans raison que le titre de ce roman est emprunté à la pièce mythique de Shakespeare, Romeo & Juliette. Mickäel Ollivier, à qui on doit déjà de nombreux romans pour adolescents, s'attache ici à réactualiser le mythe des amants maudits. Son récit est bien davantage ancré dans la réalité, moins symbolique en quelque sorte. Le style de l'auteur joue sur une description précise, fiable et réaliste de la découverte des premiers émois amoureux.

Ce récit brasse de nombreux thèmes, tels que la grève, les rapports ouvriers/patrons, le chômage, l'argent, tout en accordant une place privilégiée au rêve et au romantisme. L'histoire d'amour entre François-Guillaume et Clara est brillamment dépeinte. Leur rencontre, leurs premières discussions où chacun est embarassé, emprunté, l'évolution de leurs sentiments, la découverte du sexe... Tout est décrit avec une infinie pudeur et un ton d'une sobriété plus que bienvenue.

Les références culturelles de Mickäel Ollivier sont également très savoureuses. Grâce à elles, l'histoire de ces deux jeunes ados devient encore plus vivante. François-Guillaume fait découvrir à Clara Bob Dylan et le cinéma d'Ernst Lubitsch, pendant que celle-ci l'incite à regarder Moulin Rouge ...

L'auteur parvient à installer une certaine proximité avec ces personnages. L'alternance des points de vue, d'un chapitre à l'autre, y participe grandement. Ils sont tour à tour les narrateurs de leur histoire. Le changement de ton est très bien rendu. Le récit est fluide et ne manque pas de souffle.

En conclusion, je dirais que ce roman est aussi beau que le laisse présager sa couverture ( récemment réactualisée par les Editions Thierry Magnier)

 

08.12.2008

Je hais la comtesse ! d'Anne Vantal

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Le salon de littérature jeunesse de Montreuil est pour moi une occasion à ne pas manquer. Je ressors toujours de cette caverne d'Ali Baba, lieu de toutes les tentations, avec des petits trésors sur lesquels mon regard ne se serait pas posé dans une simple librairie. Et pour cause, les maisons d'éditions savent y faire. Les stands regorgent de livres aux couvertures attrayantes qu'on a tout de suite envie d'examiner de plus près pour savoir de quoi exactement il y retourne. Ce petit livre édité chez Actes Sud Junior est donc allé très rapidement prendre sa place dans ma bibliothèque. La couverture m'a tout d'abord tout de suite attirée, puis le titre, déconcertant et curieux et enfin, le synopsis même, que voici :

Je m'appelle Madeleine et ma soeur, c'est Camille, mais nous ne voulons pas être des petites filles modèles. Et mon frère, lui, ne veut pas être un "amour d'enfant" ! On en a assez des robes en dentelles et des chaussures à boucles. Tout ça, c'est la faute de ma mère et de son obsession pour la Comtesse de Ségur. Nous, on aime les chanteuses et les héroïnes de la télévision, les films qui font froid dans le dos et les bandes dessinées. On veut être des enfants normaux ! Alors, tous les trois, on s'est mis d'accord l'opération "Je hais la comtesse !" peut commencer.

On l'aura deviné sans le moindre mal, la Comtesse du livre est la Comtesse de Ségur, idole incontestée de la maman de Camille, Madeleine et Paul. Ceux-ci en ont plus qu'assez de devoir coller au modèle imposé par leur mère qu'ils trouvent décidément trop parfaite. Ils ne veulent plus porter des petits chemisiers à col rond et des petites chaussures vernies et être coiffés impeccablement. Ils souhaitent apporter à leur vie un petit grain de folie et surtout, mener une existence ancrée dans leur époque.  Ils décident donc de se serrer les coudes et de se rebeller en organisant une véritable opération qui les aiderait à débarasser leur maman de cette obsession. La perfection, très peur pour eux, ce qu'ils veulent c'est plus de spontanéité et de simplicité, ce qui facilerait leur vie mais aussi celle de leur mère ! Leur plan est simple : jouer les effrontés jusqu'au bout afin de faire prendre conscience à leurs parents que la situation ne peut plus durer et que surtout, ils méritent d'être entendus !

Je hais la comtesse est un bien charmant petit livre. Très bien écrit, joliment illustré,  légèrement parodique, il est plein d'humour et de piquant. Et surtout, il est bien plus profond qu'il n'y paraît. Car à travers les aventures de cette fratrie très attachante, c'est un thème important qui se dessine : celui de la liberté d'expression des enfants. Savoureux et intelligent !

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04.12.2008

Les Contes pour jeunes sorciers de Beedle le Barde

Ce soir, après le travail, je me suis empressée de me rendre dans ma petite librairie de quartier. Pour se faire, j'ai dû braver vents et marées (enfin, dans mon cas, vent, pluie et boue). Tout ceci dans le but d'acheter Les Contes de Beedle le Barde (les contes pour jeunes sorciers) écrits par un des auteurs que j'affectionne le plus, JK Rowling. Comme vous le savez sans doute déjà, je suis très admirative de la qualité et de la richesse de l'univers qu'elle a créé, de la galerie de personnages aussi attachants, touchants qu'inoubliables qu'elle a constitué et surtout des valeurs morales qu'elle a réussi à insuffler tout au long des 7 livres qui composent la formidable aventure qu'est celle d'Harry. Quand je disais que pour moi, un roman pour la jeunesse avait une portée bien plus grande que l'on croit, je le pensais vraiment ^^...

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Les Contes de Beedle le Barde ont été mis en vente aujourd'hui même dans de nombreux pays. Traduit en français, en allemand, en espagnol, en italien etc. pour que chaque lecteur puisse découvrir le même jour que le lectorat anglophone ce nouvel ouvrage, véritable clin d'oeil à l'univers d'Harry Potter. C'est une grande première dans le monde de l'édition ! And last but not least, les recettes des ventes seront reversés à l'association Children's High Level Group que JK Rowling a elle-même fondé en 2005.

Je ne pouvais pas attendre un jour de plus d'avoir cette petite merveille entre les mains ! Il faut savoir que ma petite librairie de quartier, celle du centre ville, a une organisation des plus douteuses. Il y régne un joyeux capharnaüm. Les piles de livres atteignent parfois un mètre de haut et tous les genres littéraires sont mélangés. Les derniers best-sellers côtoient les classiques, les romans pour la jeunesse, les biographies politiques, les bandes dessinées, les livres d'art. Enfin bref, il faut le voir pour le croire ! Partir à la recherche des Contes de Beedle le Barde dans cet endroit revenait à chercher une aiguille dans une botte de foin ! Finalement, il s'est avéré que le libraire avait eu la bonne idée (enfin, bonne seulement pour lui ^^) d'installer le petit présentatoir de Gallimard contenant les livres juste à côté de la caisse. Et moi qui allais repartir bredouille !

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Enfin bref, je préciiiiieux est mien maintenant ! Plus de peur que de mal ! Pour revenir au livre en lui-même, je dirais que c'est un bien bel objet ! Pour une fois, je trouve que l'édition française n'a rien à envier à l'anglaise. J'ai toujours adoré les illustrations de Jean-Claude Götting et là encore, je trouve que celle qui est en couverture du fourreau en carton particulièrement réussie ! Le livre est lui aussi illustré, et cette fois, de main de maître par JK Rowling herself ! Je posterai mon compte-rendu de lecture plus tard. Il faut me laisser le temps de le savourer et de digérer :D

Je pense m'y plonger ce soir, bien au chaud sous ma couette. Après tout, quoi de mieux qu'une soirée hivernale pour lire des contes ?

 

 

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